Hélène, l’infirmière fidèle, fonde l’association Yendouboame

Hélène Durand avec Yendouboame, le petit garçon handicapé visuel qui a prêté son prénom pour l’association (2008).

Hélène Durand est la présidente-fondatrice de l’association Yendouboame qui soutient l’hôpital pour enfants de Dapaong depuis 1984 ! Cette infirmière libérale, spécialisée dans les soins palliatifs, a été touchée par le combat des religieuses pour la santé des enfants et contre le sida.

« Yendouboame ? Cela veut dire « Dieu est avec nous ». C’est le nom de notre association, explique Hélène Durand, sa présidente, mais c’est d’abord le nom d’un petit garçon aveugle et malade que nous avons aidé à soigner, ma famille et moi, lors de notre voyage à Dapaong, en 2008. »

Si l’association est née cette année-là et a repris le joli nom de ce jeune togolais de 3 ans, en souvenir de cette rencontre si émouvante, en réalité, l’action d’Hélène remonte à… 1984 !

Un peu par hasard, cette infirmière angevine de 24 ans, part alors à Dapaong effectuer son stage de fin d’études dans l’hôpital pour enfants Yendube. Très marquée par son séjour auprès de Sœur Geneviève, la directrice « une femme très impressionnante » et par l’action de la communauté hospitalière dans cette zone déshéritée, Hélène a un peu de mal à se réadapter à la vie occidentale. Elle reste en lien avec les sœurs.

En 2000, elle célèbre ses 40 ans : « Mon père, qui m’avait transmis son amour de la justice et sa croyance en l’égalité de tous les peuples, venait de mourir. En sa mémoire, j’ai demandé que l’argent de mon cadeau ait du sens. Il a permis d’acheter ce dont les enfants avaient le plus besoin à ce moment-là : des poches de transfusion spécifiques. »

Son mari la pousse alors à les apporter elle-même à Dapaong. Là, elle rencontre Sœur Marie-Stella, qui comme elle, s’est spécialisée dans les soins palliatifs. « On a beaucoup échangé. Elle venait de fonder Vivre dans l’Espérance pour aider les malades du sida à mourir… » C’est tout ce qu’on pouvait faire à l’époque, en l’absence de traitements anti-rétroviraux, encore réservés aux pays riches.

Hélène est bouleversée par une petite patiente, Anne-Marie, une enfant abandonnée pour laquelle Sœur Marie-Stella cherche une solution d’hébergement : « j’ai alors décidé de la parrainer, je lui ai offert une poupée, je me suis engagée à veiller sur elle ! » Hélène apprend par la suite qu’Anne-Marie résiste au virus, se bat pour vivre car elle se sent soutenue par sa marraine. « J’ai compris que la lutte contre le sida devenait une priorité et j’ai réussi à convaincre une vingtaine de parrains de me suivre,. J’ai aussi monté des expositions pour recueillir de l’argent…» raconte encore l’infirmière.

Parallèlement, sa sœur, institutrice, se met à soutenir une école de brousse, à Babogou, non loin de Dapaong. Les liens se multiplient avec le Togo. « Toute notre famille y est retournée en 2008. Et nous avons constaté le formidable travail accompli par Sœur Marie-Stella. » La première maison, Saint-Augustin, avait vu le jour grâce à l’aide d’une association de Nîmes, les Maminous.

C’est ainsi qu’Hélène, sa sœur, sa belle-sœur, sa nièce et un groupe d’amis créent Yendouboame, 96 adhérents aujourd’hui. Leurs trois objectifs : continuer de soutenir l’hôpital pour enfants, aider l’école de Babogou à s’équiper en matériel et financer des projets pour Vivre dans l’Espérance. Après avoir équipé la bibliothèque de manuels pour les collégiens, Yendouboame cherche aujourd’hui à envoyer des livres pour les lycéens et les adultes.

Et puis, il y a la situation politique et sanitaire du Togo, qui s’aggrave d’année en année. : les soignants, les instituteurs, déjà mal payés, ne touchent parfois plus leur salaire pendant des mois… Les équipements publics se dégradent, les aides sociales sont inexistantes. En outre, depuis cette année, le Fonds mondial contre le sida, qui connaît de gros problèmes de gestion, ne finance plus l’association Vivre dans l’Espérance. « Notre préoccupation immédiate est donc d’aider Marie Stella à payer les bilans sanguins des enfants malades, insiste Hélène. Et aussi de trouver des parrains pour les étudiants, car les formations coûtent de plus en plus cher.»

Aujourd’hui, le petit Yendouboame a sept ans. Il a fait la joie de ses marraines, au début de l’année, lorsqu’elles ont pu jouer avec lui dans la cour de la maison Sainte-Monique.

Galerie photos. Voici 20 photos du dernier séjour d’Hélène Durand et de son équipe au Togo en 2012.  Vous y découvrirez l’école de Babogou, les enfants de l’association Vivre dans l’Espérance à l’orphelinat de Dapaong et les membres de l’association Yendouboame. (Photos © Association Yendouboame)

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Sophie Laurant

 

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