«Bonne arrivée !» à Barbara

Barbara Bouchet, 39 ans, prépare un diplôme de psychologue. Après avoir vu le documentaire du Jour du Seigneur sur Sœur Marie Stella, elle a écrit sur ce blog de Pèlerin pour entrer en contact avec la religieuse. Résultat : un séjour inoubliable de trois semaines à Dapaong, en juillet dernier, à travailler avec les enfants et les membres de Vivre dans l’Espérance et une grosse envie d’y retourner ! En attendant, Barbara nous raconte son arrivée à Dapaong…

         Ce dimanche matin d’avril, je n’avais vu que quelques minutes du documentaire de Marie Viloin diffusé sur France 2, mais déjà, comme dans toute rencontre, il y avait eu un avant et un après. Je ressentais comme un appel à partir là-bas, au sens spirituel du terme. Je brûlais de l’envie de rencontrer cette Sœur, ces femmes, ces enfants, ce pays, cette association.

Baptisée à Pâques de cette année, j’étais en questionnement par rapport à la façon d’articuler l’exercice de mon métier de psychologue avec mon engagement spirituel. Je ressentais le besoin d’unifier ma vie. Le documentaire m’avait éveillée à une autre façon d’accompagner, je voulais en savoir davantage. Tout s’est enchaîné ensuite, curieusement assez facilement.

J’ai eu la chance de pouvoir partir ; c’est un cadeau magnifique que Stella m’a fait en me permettant de partager leur vie pendant quelques semaines, d’apprendre et de travailler à leurs côtés. Parfois, on oublie un peu, je crois, que leur planning et leurs journées sont très chargés, et qu’à certaines périodes de l’année, trouver du temps pour accueillir un visiteur n’est pas simple, même si elles en ont profondément le désir, et qu’elles le font merveilleusement bien.

Je suis née en Afrique et j’étais très heureuse de «rentrer à la maison» après des années d’absence. Je crois que c’est vrai ce qu’on dit : si on quitte l’Afrique, elle, ne nous quitte jamais. Pendant le voyage, il me revenait plein de souvenirs: la chaleur moite qui vous saisit à la sortie de l’avion sur le tarmac, les inénarrables passages de douane, les cris des gekko qui courent sur les murs, les petits commerces animés des rues, les enseignes et publicités peintes à la main, les chemins cabossés en latérite et les paysages incroyablement verts de la saison des pluies, les klaxons des taxi-motos, les sourires et les yeux brillants des gamins, l’appel des muezzins, la nuit qui tombe en quelques minutes et ses bruits si particuliers, l’odeur des petits feux de brousse, le vacarme de la pluie sur la tôle, les bougainvilliers en fleurs et le parfum des mangues mûres… J’ai retrouvé tout cela.

A mon arrivée à Ouagadougou, au Burkina Faso, Stella était en déplacement à Lomé, la capitale du Togo, où elle accompagnait un enfant à l’hôpital, mais elle avait tout organisé à distance : une personne qui veillerait sur moi dès l’aéroport, une chambre réservée, un dîner… jusqu’au petit coup de fil à peine sortie de la douane pour me souhaiter la bienvenue. Je me suis sentie comme en famille.

Au passage de la frontière togolaise, après plusieurs heures de slalom à vitesse réduite entre les énormes trous du «goudron», deux « anges » en blanc m’attendaient avec un 4×4. Deux sœurs de la congrégation, avec un sourire immense et un « Bonne arrivée ! » traditionnel, m’ont extirpée de la horde de taxis-motos qui m’avaient repérée avant même que le car ne s’arrête. Qu’est-ce que j’ai pu rire avec elles sur la route jusqu’à l’hôpital… et tout au long du séjour! Ne croyez pas que parce qu’elles côtoient la vie et la mort tous les jours, elles sont tristes! Bien au contraire, ce sont des femmes de caractère, debout et pleinement vivantes! Des femmes formidables, professionnelles et très attachantes.

A l’arrivée, Stella n’était pas encore rentrée de Lomé. Bloquée pendant des heures dans un énorme embouteillage causé par un accident de «titan» (camion), elle n’est arrivée que tard dans la nuit. Je me suis endormie au «Paradis» (nom donné à la maison des visiteurs), après le repas en communauté. Nous nous sommes retrouvées le lendemain matin, à la sortie de la chapelle, après la messe, peu après 6h.

Stella est une femme d’une énergie incroyable. Elle possède une intuition déroutante sur ce qu’il y a à faire et le moment où il faut le faire. Mais ce qui m’a d’abord touchée, c’est sa simplicité et sa présence à l’autre. Sa foi et sa tolérance aussi. Durant ces trois semaines, nous avons vécu des choses fortes ensemble. Nous nous sommes indignées, nous avons ri, nous avons eu des conversations de cœur à cœur. Elle écoutait et se livrait avec humilité; cela a permis tout un chemin de mon côté.

Barbara Bouchet

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Une réponse à «Bonne arrivée !» à Barbara

  1. Patricia dit :

    Je voulais dire Merci avec un grand M à Soeur Marie Stella. Merci à son dévouement et à celui de toute son équipe. Leur action mérite un grand respect. Je souhaite paix, joie, amour et lumière à Soeur Marie Stella.