Les Guédon, famille française… pas si classique

La famille Guedon sur les hauteurs de Dapaong

Depuis quatre mois, cette famille nantaise est venue en renfort à Dapaong, travailler pour les sœurs hospitalières, à l’hôpital pour enfants Yendube, au centre de santé mentale et à l’association Vivre dans l’Espérance. David Guédon, nous raconte comment sa femme et lui ont décidé de s’engager en Afrique.

Florence (33 ans) et moi, David (34 ans) avions déjà eu l’envie de partir vivre à l’étranger, mais, comme beaucoup, la vie nous avait rattrapés. Le travail, (Florence est psychologue et j’étais Directeur d’un établissement pour personnes âgées, un EHPAD), l’achat d’une maison, la naissance de nos deux bambins (une grande fille Ombeline, presque 6 ans aujourd’hui, un petit garçon, Nathanaël, 3 ans)… Bref, un début tout ce qu’il y a de plus « normal » de famille française classique !

Puis, un jour, au retour de vacances, alors que j’abordais un tournant professionnel et que je me questionnais sur mon avenir, nous avons décidé de postuler auprès de la Direction Catholique pour la Coopération (DCC).

Pourquoi ce choix ? Tout simplement parce que certaines valeurs véhiculées par notre société telles que l’individualisme et le rapport malsain à l’argent ne nous conviennent pas. Nous n’envisageons pas non plus de travailler autrement que d’une façon utile pour les autres et, enfin, nous voulons montrer à nos enfants qu’il existe une autre façon de vivre. Nous avons donc vendu notre maison et cassé notre voiture ! Nos seules limites ne sont-elles pas celles que nous nous imposons ?

Ombeline et les enfants de Dapaong

La DCC, que nous connaissions grâce à des amis déjà partis en coopération, nous a parue compatible avec la foi de Florence et mon athéisme. Nous avons donc postulé en janvier 2011 et nos formations se sont étalées jusqu’en avril 2012. Cette association, en plus d’être une des rares à envoyer des familles, nous a prouvé que le monde catholique savait se montrer plus ouvert que l’image qu’on en donne parfois.

Nous avons reçu les offres d’emploi en février 2012.  Florence a été recrutée comme psychologue pour l’association « Vivre dans l’Espérance » et pour le « Centre de Santé Mentale Yendube» et moi-même comme directeur des Ressources Humaines à « l’Hôpital d’Enfants Yendube », à Dapaong, au Togo.

Avant notre départ, comme beaucoup, nous avons découvert sœur Marie Stella et son action contre le sida par le biais de l’émission « Le Jour du Seigneur ». Quelle pression pour nous de voir à l’écran, celle avec laquelle nous allions passer les deux prochaines années ! Finalement, voilà bientôt quatre mois que nous vivons dans l’une des régions les plus pauvres du monde. Nous y avons rencontré une femme de caractère, simple, joyeuse et déterminée. Elle est à l’image de sa congrégation, les sœurs hospitalières de Dapaong, neuf religieuses pleines de courage qui œuvrent pour le bonheur des enfants du pays.

Il n’est pas facile de donner des nouvelles de tous les enfants de l’association, ils sont près de 1 400, mais nous essayerons de vous faire part de ce qu’ils vivent au travers d’autres articles. Sachez tout de même, chers lecteurs et parrains, que les enfants des institutions de Sainte-Monique et Saint-Augustin sont choyés. Soyez assurés aussi que vos dons ne sont pas inutiles et qu’ils sont bien utilisés pour vos filleuls. Sans eux, ces enfants ne seraient pas soignés, nourris correctement et n’auraient sans doute pas accès à l’éducation.

Certains diront que c’est une goutte dans l’océan, mais l’océan n’est-il pas constitué de gouttes ?

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4 réponses à Les Guédon, famille française… pas si classique

  1. Tiercelin Yves dit :

    J’ai entendu le Cardinal Daneels dire :

    « Ce n’est pas une goutte d’eau dans la mer mais c’est une toute petite étincelle qui peut embraser le monde » !

    ça change tout !!!

  2. Un coup de chapeau pour Florence et David!
    Pour moi, africain, cette expérience m’inspire et m’encourage à grandir dans le sens du détachement et du dévouement aux autres! Si cette famille peut le faire, pourquoi pas moi?
    Merci de nous faire part de cette bonne nouvelle! Dieu bénisse tous ceux, toutes celles qui ont un coeur solidaire comme celui de cette famille nantaise! Je suis tout à fait d’accord avec l’idée qu’il y aurait pas d’océan d’amour si chacun n’apportait pas sa goutte de don à partager!

  3. le BAUBE dit :

    Bravo à David, Florence, Ombeline et Nathanaël que j’ai eu l’occasion de rencontrer très récemment à Dapapong; ils sont la preuve vivante d’une grande générosité, d’un engagement véritable vers « l’Autre », entourés par les Soeurs Hospitalières d’une grande qualité; voila une équipe « de choc » face aux malheurs des enfants togolais de la région.
    Exemple à suivre…
    Avec toutes mes Amitiés et mon respect.
    Jean Marie

  4. kpapile dit :

    La vie dure en Afrique, au togo, à Dapaong et particulièrement dans une population très vulnérable, c’est vraiment une famille courageuse! Que le bon Dieu les soutienne dans cet engagement. Exemple à suivre…