La lettre de Manuella aux parrains d’enfants

Chers parrains et marraines,  les enfants ont foi en vous!

Manuella avec un enfant de l’association

Bonjour. Je m’appelle Manuella Pons, j’ai 19 ans et je rentre d’un séjour chez les sœurs Augustines hospitalières de Dapaong (Togo) dont la (fameuse !)  sœur marie Stella fait partie. J’aimerais vous faire partager mon expérience.
Etudiante en deuxième année de médecine ; j’ai entendu parler de l’action de sœur Marie Stella par les Apprentis d’Auteuil, car mon père travaille dans cette fondation. Je suis partie là-bas cet été, pour un mois, sans savoir ce que j’aurai à faire sur place, sœur Stella m’ayant dit qu’il y aurait « à faire » ! Je lui ai fait confiance en prenant l’avion en direction du Togo.

Très vite, Charlotte, une autre bénévole, et moi-même, avons pris conscience des difficultés rencontrées par de l’association Vivre dans l’Espérance. Des parrains et marraines, souvent venus par l’hebdomadaire Pèlerin, réclament des nouvelles et s’inquiètent, voire s’indignent de n’avoir pas encore reçu de photos ni de lettres de leurs filleuls.

Charlotte, co-stagiaire

Charlotte et moi sommes convaincues du travail extraordinaire qui est fait à l’association. Nous décidons alors de nous occuper de recueillir les photos des filleuls. Nous passons donc deux semaines avec quelques personnes de l’association à rouler de village en village pour aller à l’encontre des familles accueillant les enfants de l’association et pour prendre ces photos. C’est une expérience formidable que de vivre cette immersion au cœur des familles togolaises.

Ces gens nous ont marqué par leur accueil, leur attitude respectueuse. Ils ont des valeurs que nous les occidentaux perdons aujourd’hui. Ils ont une foi très profonde, ils ont le sourire…malgré la simplicité de leurs conditions de vie.
Je me souviens d’un Français demandant à un enfant de l’orphelinat pourquoi les Africains ont une telle foi et pourquoi est-ce si important pour eux. Et l’enfant lui répondant  « nous n’avons rien, il ne nous reste que cela, la foi ». C’est beau, et c’est vraiment ce que j’ai ressenti de la part des enfants, en particulier ceux de l’association qui porte très bien son nom. Ces enfants ont foi en vous chers parrains et marraines. Ils sont tellement heureux de vous avoir et ils mettent beaucoup d’espoir en vous. Et cet espoir et tous les efforts fournis par les enfants portent leurs fruits. En rencontrant les anciens de l’orphelinat, aujourd’hui étudiants, on se rend compte que qu’il sont prêts à prendre la relève des parrains et épauleront bientôt l’association.

famille d’accueil

Nous avons aussi souvent passé du temps à la maison Sainte-Monique avec les enfants. C’était toujours un grand moment de joie de les retrouver, de jouer avec eux. Ces enfants ont ont une chance énorme d’avoir Maman Rita, Tonton Honoré et d’autres personnalités de l’association qui s’occupent d’eux avec beaucoup d’amour. Un jour nous avons demandé qui était Tonton Honoré et un enfant a répondu : « c’est celui qui nous apporte du Bonheur ». Les enfants séropositifs «   vivent » leur maladie ensemble et on peut se rendre compte de l’immense solidarité qui existe entre eux.

Je comprends que vous, donateurs français, soyez tristes de ne pas recevoir de nouvelles ni de photos de vos filleuls, mais en allant avec l’association rencontrer les enfants j’ai mieux compris l’impossible défi de l’association étant donné les conditions de vie : les villages sont souvent inaccessibles, surtout  en saison des pluies, nous nous retrouvons souvent à marcher pendant plusieurs kilomètres pour atteindre des maisons inaccessibles. Mais parfois les distances sont trop grandes…
Quand nous arrivons, nous avons une chance sur deux pour que l’enfant soit chez lui, car l’été les enfants vont travailler aux champs, parfois à plus de 10 km. Ou alors, ils sont chez d’autres membres de la famille et comme ils ne sont reliés, ni par internet, ni par le téléphone, l’association n’ a pas le moyen de prévenir de son arrivée!
Bref cette collecte prend un temps fou ! Il ne faut pas oublier non plus la barrière de la langue pour les enfants scolarisés depuis peu : c’est très compliqué de leur faire écrire une lettre en bon français, à leurs parrains.
Finalement, nous avons pu, en deux semaines, récolter environ 300 photos d’enfants ! Mais sœur Stella continue de  se faire du souci et essaie de son mieux que les parrains soient satisfaits.
Si je n’avais qu’une seule chose à vous dire après mon séjour au Togo : faites confiance à sœur Stella, et continuez de donner aux enfants la possibilité d’espérer un avenir meilleur !

Manuella Pons

Trois enfants dont les photos viennent d’être prises

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3 réponses à La lettre de Manuella aux parrains d’enfants

  1. mend dit :

    Manu quelle belle description de la réalité de notre vie. Merci pour ton témoignage et courage.

  2. Pons dit :

    Merci pour ce beau témoignage!
    Cela nous encourage à soutenir les filleuls!

  3. coraline dit :

    un des deux jumeaux !! Pierre ou Paul? je n’arrive toujours pas à les diférencier.
    très beau témoignage, merci beaucoup!