« Nous, Soeurs hospitalières du Sacré-Coeur de Jésus »

Ct+® Paris 21 juillet 2013 (18)

Sœur María Purificación Goñi « Nous partageons la même règle de saint Augustin que les soeurs hospitalières de Saint-Amand-les-Eaux qui nous ont rejoint en 2011. » (Photo hsc.)

Sœur María Purificación Goñi, Supérieure provinciale de la Province de France de la Congrégation des Sœurs Hospitalières du Sacré-Cœur de Jésus, fondée en 1881 par saint Benoît Menni, et à laquelle appartient sœur Marie Stella Kouak, nous éclaire sur sa Congrégation.
—     Les religieuses de l’Hôpital Pédiatrique de Dapaong, au Togo, dont fait partie sœur Marie Stella, et leurs sœurs de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) ont rejoint, en 2011, votre Congrégation. Pouvez-vous nous en dire davantage sur les Sœurs Hospitalières du Sacré-Cœur de Jésus, dont vous êtes actuellement la supérieure pour la Province de France ?
—     María Purificación Goñi: Notre Congrégation a été fondée par saint Benoît Menni, en 1881, en Espagne, car il avait compris qu’il était nécessaire de doter l’Ordre Hospitalier de Saint Jean de Dieu, auquel il appartenait, d’une branche féminine.
Benoît Menni, d’origine italienne, avait déjà totalement rénové la branche espagnole de cet Ordre. Cet hospitalier avait commencé son sacerdoce comme brancardier puis comme infirmier. À peine arrivé en Espagne, il fonde un hôpital pour enfants à Barcelone, en 1867. En 1903,  il a créé quinze maisons, dont quatre hôpitaux pédiatriques et six hôpitaux psychiatriques pour hommes. Il avait mis sa vie au service des pauvres. Il voyait en chacun d’eux une image et une ressemblance de Jésus sur la Croix. Le Pape Jean-Paul II l’a canonisé en 1999.
—     Pourquoi une branche féminine ?
—     Pour donner une réponse à l’exclusion sociale des femmes atteintes des maladies mentales totalement négligées à l’époque. Benoît Menni est un pionnier en la matière, et nous continuons à défricher ce domaine, à son exemple, dans les nombreux pays où il n’existe aucune structure pour les personnes souffrant de troubles mentaux. Saint Benoît Menni a pu s’appuyer sur Maria Josefa Recio, une jeune veuve de Grenade qui, avec sa meilleure amie, Maria Augustias Gimenez, sont devenues les cofondatrices des Sœurs Hospitalières du Sacré-Cœur de Jésus. La contemplation du cœur du Christ, d’où jaillit la vie pour l’Eglise, est l’essence de notre spiritualité. C’est là que nous puisons la confiance, la douceur et la patience nécessaires au don total de nous-même envers ceux qui souffrent.

La communauté parisienne des soeurs hospitalières du Sacré Coeur de Jésus. (Photo hsc.)

La communauté parisienne des soeurs hospitalières du Sacré Coeur de Jésus. (Photo hsc.)

L’hospitalité est l’expression de notre charisme, signe essentiel de notre identité, appelé à se recréer dans la prise en charge intégrale de la personne -psychique, sociale et spirituelle- et fondé sur la qualité des rapports et le respect des droits de la personne.
La Province de France est présente à Paris, Marseille, Saint Martin de Seignanx (près de Bayonne), Saint Rémy (Haute Saône), Saint-Amand-les-Eaux (près de Lille), Cambrai, Dinan, République Démocratique du Congo, Cameroun, Togo, Burkina Faso.
—     En février 2011, les Sœurs Hospitalières de l’Immaculée Conception de Saint-Amand-les-Eaux vous ont rejoint, pour quelles raisons ?
—     Les deux Congrégations présentaient des points communs : nous suivons la même règle de saint Augustin et nous partageons un charisme qui se nourrit des mêmes textes fondamentaux tels que l’évangile du bon Samaritain ou du lavement des pieds.
En outre, nous avons en commun une expérience de l’Afrique. Elles sont présentes au Togo et au Burkina Faso, et nous en Angola, Cameroun, Ghana, Guinée Équatoriale, Liberia, Mozambique, République démocratique du Congo.
À Dapaong, au Togo, elles avaient ouvert un petit Centre de Santé Mentale, ce qui nous rapproche encore. En France, nous pouvons partager sur l’aide aux personnes âgées et handicapées. L’hospitalité est également un aspect sur lequel nous nous rejoignons.
—     Mais votre Congrégation est bien plus importante…
—     L’importance d’une Congrégation ne réside pas dans le nombre des sœurs, collaborateurs, personnels, bénévoles.
Notre Congrégation depuis ses origines est internationale. Actuellement, elle est présente sur 4 continents : Europe, Amérique Latine, Afrique, Asie, et compte plus de 1250 sœurs réparties dans 27 pays du monde.
10 000 collaborateurs partagent notre mission, ainsi que plus de 1000 bénévoles dont certains voudraient être des laïcs plus engagés dans le charisme et la spiritualité, particulièrement au niveau de l’Afrique.
Pour faire avancer cette idée, nous avons proposé à l’une de nos sœurs une formation en spiritualité avec l’objectif de former les laïcs. Cette réflexion rejoint celle des sœurs de saint-Amand les Eaux. En effet, à Dapaong, il y a des laïcs très engagés dans l’Association Vivre dans l’Espérance, qui ont ce désir d’une vie en Église tout en restant en famille.
Après Vatican II, l’Église a encouragé les Congrégations à la formation de ces laïcs dits “laïcs associés”.
Ce qui est essentiel, c’est le fait que depuis que nos deux familles religieuses se sont unies, nous formons un même corps qui vit la fraternité, le charisme, la spiritualité, le projet commun à la suite du Christ.
—     Comment s’est passée cette fusion ?
—     Avant d’en arriver à la fusion, nous avons parcouru un cheminement de connaissance mutuelle qui nous a permis de découvrir nos richesses et nos différences et de vivre une expérience très forte dans la fraternité. Nous sommes parties sur des bases solides et nous nous retrouvons dans l’ouverture aux autres, l’attention non seulement aux malades mais à leur entourage, à la société dans laquelle ils évoluent. Cela est indispensable pour soigner les personnes atteintes du sida, mais aussi les maladies psychiques, et finalement toutes les souffrances que nous rencontrons.
L’histoire de notre Congrégation montre que, à toutes les époques, dans tous les pays où nous nous sommes établies, nous avons répondu aux besoins les plus criants de la société.
—  Quels sont les projets de votre Congrégation aujourd’hui?
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  Au niveau de la France, à la communauté de Lille, dans l’enceinte de l’Université Catholique de Lille, nous accueillons quelques jeunes sœurs africaines étudiantes issues d’autres congrégations.
Nous avons élaboré un nouveau projet d’accueil et nous voudrions que ce lieu de vie soit ouvert aux autres étudiantes qui souhaiteraient partager un repas, un temps de prière, un échange avec les sœurs de la communauté.
Par ailleurs, pour la première fois depuis quelques années, plusieurs jeunes filles, intéressées par la vie religieuse, effectuent un « stage de discernement » chez nous. Nous les accueillons et les accompagnons dans l’espérance qu’elles trouvent leur chemin. Et pour celles qui voudraient s’engager, nous leur proposons une formation aussi bien professionnelle que spirituelle.  Nous estimons en effet que la formation est essentielle à la solidité de nos sœurs et à la réussite de notre mission auprès des plus pauvres.
Enfin, le 24 avril 2014, nous commémorerons avec les Frères de Saint Jean de Dieu le centenaire de la mort de saint Benoît Menni, à Dinan (Côtes d’Armor), lieu où il est décédé. Dès à présent, nous devons nous préparer à cet anniversaire afin de mieux faire connaître l’œuvre qu’il nous a léguée.
Recueilli par Sophie Laurant

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Une réponse à « Nous, Soeurs hospitalières du Sacré-Coeur de Jésus »

  1. Sr Rosario dit :

    Sor Purificación:
    Estamos muy contentas con tu mensaje y de verdad que te felicitamos….
    Mucho ánimo para acompañar a las jóvenes que el dia 7 de septiembre daran su si al Señor en la vida Hospitalaria….
    Te acompañamos, con el pensamiento y la oració, todas tus hermanas de St Martin de Sx