Le récit de Sandra

Les enfants de Vivre dans l'Espérance, accueillant Sandra. (Photo S. Aroulanda.)

Les enfants de Vivre dans l’Espérance, accueillant Sandra. (Photo S. Aroulanda.)

Sandra, institutrice, a passé un long séjour à Dapaong, l’été dernier, au contact des enfants de Vivre dans l’Espérance. Voici plusieurs instantanés qu’elle a rédigés pour le blog.

Des jours de fête

Vacances d’été à l’orphelinat. Pour beaucoup d’enfants accueillis ici, c’est le

Jonathan, cinq ans, à la guitare... (Photo S. Aroulanda.)

Jonathan, cinq ans, à la guitare… (Photo S. Aroulanda.)

moment d’aller vivre un retour temporaire dans leurs familles respectives. Car l’association est très vigilante à préserver autant que possible les liens familiaux, même lointains, avec ces enfants déracinés.

Mais il reste avec nous une cinquantaine d’enfants qui n’ont pas cette chance et restent donc sur place. L’orphelinat est leur seule et vraie famille. Nous ne sommes pas de trop, avec les bénévoles des Apprentis d’Auteuil et des jeunes de Cambrai, pour leur proposer de quoi animer leurs journées estivales. Et, de fait, il ne faut pas grand-chose, pour que l’esprit de fête rejaillisse chez ces orphelins qui sont d’abord des enfants comme les autres. La musique et la danse adoucissent bien les cœurs. Et d’ici quelques jours, Soeur Marie Stella emmènera toute cette joyeuse troupe pour un séjour de découvertes à Lomé, dans la grande ville.

Ouvrez les bancs

banc1(Photos S.Aroulanda.)

(Photos S.Aroulanda.)

En arrivant à l’aéroport, je tire derrière moi deux grosses valises. Pourtant, j’ai réduit mes affaires personnelles au strict minimum. En fait, mes valises sont remplies à ras bord de fournitures scolaires en tout genre. De quoi donner du cœur à l’ouvrage aux enfants qui m’attendent. Après mes premiers jours sur place, je m’émerveille de la simplicité de la vie ici. Même les tables d’écoliers ici ont plusieurs vies. Au fil de la journée, je les vois servir à de multiples usages. Sécher le linge en est un. Faire la sieste en est un autre. Car ici, bien plus qu’ailleurs, l’école fait bien partie de la vie.

Le beau sourire d’Awa

« Viens, on va visiter les vieux ! » Soeur Marie Stella m’a invitée à

Soeur Marie Stella serre dans ses bras Awa, l'une des deux épouses de cette famille décimée par le VIH. (Photo S. Aroulanda.)

Soeur Marie Stella serre dans ses bras Awa, l’une des deux épouses de cette famille décimée par le VIH. (Photo S. Aroulanda.)

plusieurs reprises à faire des visites dans les petits villages du secteur. Des visites d’autant plus indispensables que la fin du Ramadan approche. Et ici aussi, c’est une occasion de fête. En rencontrant cet homme et ses deux épouses, la joie est déjà de mise. D’autant que nous leur apportons des habits neufs pour marquer l’occasion. Mais derrière les beaux visages burinés par le soleil, comme un vide. Autour de la maison, personne d’autre. L’absence des enfants est criante. Marie Stella m’explique que cette famille a perdu, au fil des années enfants et petits enfants, tous victimes du VIH.

En voyant Marie Stella prendre Awa, l’une des épouses, dans ses bras, je m’émerveille de l’attention à toutes les générations que son association manifeste. Derrière le projet de l’orphelinat, c’est la vie de toute une région qui est portée.

Augustin, dessine-moi un mouton

"Augu" veut aller à l'école, comme les grands. (Photo S. Aroulanda.)

« Augu » veut aller à l’école, comme les grands. (Photo S. Aroulanda.)

Augustin a 2 ans. Trop petit pour venir dans la classe à ciel ouvert de l’orphelinat. Sur le grand tableau noir, tous les matins, je propose au groupe d’une vingtaine d’enfants de 6 a 12 ans de réviser mathématiques et lecture. De quoi faire décidément envie à celui que tout le monde appelle ici « Augu », impatient de rejoindre l’effort collectif.

Au dernier jour de mon séjour, alors que je profite de l’après midi pour partager quelques contes, nous lui ouvrons enfin la porte. Vite, il se précipite au pied du tableau noir qui, jusque-là, lui était inaccessible. Et il me tire le portrait, comme le petit prince dessinait des moutons.

 

Quant à lui, tel le petit renard, au fil de mon séjour, il s’est bien laissé apprivoiser. Devant les traits qui fusent, tout le monde rit de bon cœur. Une belle fin d’après-midi  s’annonce dans ce coin de la brousse togolaise.

 

 

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Une réponse à Le récit de Sandra

  1. Bourin Benoît dit :

    SVP …. Encore, … encore une histoire madame l’institutrice !