Nina raconte son séjour en France

Au camping de Massereau , près de Nîmes, pendant la préparation de l'assemblée générale de l'association Maminou. Entourant Nina, deux membres de l'association Yendouboame : Michèle Durand et Hélène Durand. A droite, Isabelle Bossé. (Photo D. R.)

Au camping de Massereau , près de Nîmes pendant la préparation de l’assemblée générale de l’association Maminou, avec une délégation de l’association Yendouboame. (Photo D. R.)

Nina, 24 ans, a été, au printemps, l’ambassadrice en France de Vivre dans l’Espérance, auprès des associations qui soutiennent l’action de Soeur Marie Stella au Togo. Cette jeune orpheline du sida, diplômée de l’université, a ainsi découvert un pays très différent et nous livre ici ses impressions.

Je vous adresse un résumé de mon séjour en France du 17 mai au 18 juin 2014. Aux environs de 10h, je quitte Dapaong, traversant des paysages pauvres aux feuillages secs,  accompagnée par la Sœur Marie-Stella  et notre chauffeur, Charles. Nous arrivons  à 14H 46 chez les sœurs qui tiennent la pension les Lauriers à Ouagadougou, au Burkina-Faso.

La nuit, comme le jour suivant, m’ont parus courts, au point que je me précipitais pour le départ. L’heure avait sonné : les bagages ont été remis dans la voiture, à destination à l’aéroport  d’Ouagadougou où j’ai été aidée une dernière fois par Sœur Marie-Stella  afin d’enregistrer les valises et de passer la douane.

Avant même d’avoir franchi la salle d’embarquement j’avais les larmes aux yeux, de peur  plus que d’émotion. Car un agent de sécurité m’a fait attendre plus de trente minutes parce que mon passeport,à plusieurs reprises, ne passait pas sous le scanner. Pour cette raison, je pouvais rater mon vol me dit-il. Il a fallu un coup de fil auprès de ses supérieurs pour que d’un coup de baguette magique, tout redevienne normal.

Quel ouf de soulagement ! Toute seule à 23h 10, je quittais le continent africain pour vivre une véritable expérience. A cet instant il m’a paru nécessaire de rendre gloire à Dieu. Je l’ai remercié pour les grâces accordées etlui ai confié mon séjour. Moins de six heures plus tard, j’effleurai le sol de France, le 18 mai à 6h 15min.

  •   A la découverte de Paris

D'abord un peu de tourisme à Paris ! (Photo  Guillaume Cattiaux/flickr.)

D’abord un peu de tourisme à Paris ! (Photo Guillaume Cattiaux/flickr.)

Il faisait seulement douze degré comme température dans la capitale française. Il était temps d’apprendre de suivre la direction de mes bagages. A l’aéroport de Roissy, les gendarmes ont fouillé l’intérieur de mes valises et m’ont bombardée de questions. Non seulement j’avais dedans mes vêtements et des colis pour les donateurs, mais aussi des objets d’arts qu’ils soupçonnaient d’approvisionner un commerce illégal en France. Évidemment, je les ai assurés que le bénéfice reviendrait à l’association de prise en charge des orphelins et des personnes rendus vulnérables par le VIH/SIDA.
Après m’avoir sermonnée, ils finissent par me laisser passer. Je suis accueillie à l’aéroport par la famille Guérini, Bruno, Isabelle et Claire. Celle-ci  m’héberge durant quatre jours  dans leur bel appartement parisien. Les jours suivants, Claire Guérini m’accompagne pour une visite guidée de la capitale française. Au programme :
-Visite de son quartier de l’est parisien, avec ses belles habitations et de cette

Le Sacré-Coeur, sur la colline de Montmartre. (Photo Imagina/Flickr)

Le Sacré-Coeur, sur la colline de Montmartre. (Photo Imagina/Flickr)

belle église du cœur Eucharistique de Jésus.
-Le Palais de Chaillot, la tour Eiffel et le champs de Mars, la place de la Concorde, le musée du jeu de Paume, le jardin des Tuileries, le musée du Louvre ; les galeries Lafayette, Monoprix ; le quartier Saint-Lazare…
-La cathédrale Notre-Dame de Paris, la fontaine Saint-Michel, la Sorbonne, le Panthéon, le jardin du Luxembourg, l’Odéon, Saint-Germain, et pour achever la

Avec Sophie Laurant (à gauche) et Claire Guérini (à droite) en visite au Pèlerin, à Montrouge. (Photo Gauthier)

Avec Sophie Laurant (à gauche) et Claire Guérini (à droite) en visite au Pèlerin, à Montrouge. (Photo Arthur Gauthier.)

journée, visite du journal le Pèlerin, avec Sophie Laurant, à Montrouge.
-Le quatrième jour, spécialement accompagnées par  Isabelle, la mère de Claire, nous visitons le quartier Montmartre et sa grande basilique, du quartier des Abesses, de la place de Clichy, et nous avons fait des courses dans des supermarchés.

 

 

  • Auprès des « Yendouboame » d’Anger

 

Mode africaine pour l'assemblée générale de Yendouboame. (Photo.D.R.)

Mode africaine pour l’assemblée générale de Yendouboame. (Photo.D.R.)

Le voyage de Paris à Angers s’est fait par train, accompagnée par Claire. Nous étions attendues à la gare par trois formidables dames : Hélène Durand, présidente fondatrice de l’association Yendouboame, Michèle Durand et Marie-Thérèse Bossé. Les revoir m’a rendue très heureuse.

Déjà, l’assemblée générale se préparait. Le 23 mai, je devais représenter tous les orphelins et personnes rendues vulnérables par le VIH/SIDA de l’association Vivre dans l’Espérance. Tous les membres étaient impressionnés et émus par mon témoignage. Par ma seule présence, je représentais les plus de 1500enfants pris en charge par cette association. Je leur prouvais ainsi que leurs actions n’étaient pas vaines et leur redonnais l’envie et la force de continuer à aider. 

Au cours de cette assemblée générale, une bonne nouvelle nous fût annoncée : l’association Yendouboame avait pu récolter 15000 € auprès de la caisse de dépôts et consignation pour le réaménagement de  la maison Saint-Augustin. Quel bonheur !  

Je me suis mise à la disposition de toutes ces personnes qui avaient besoin de plus d’informations sur leurs filleuls ou, plus généralement, sur l’association Vivre dans l’Espérance.

Durant mon séjour  je me suis aussi rendue chez des donateurs qui n’étaient

En visite dans le centre-ville d'Angers. (Photo D.R.)

En visite dans le centre-ville d’Angers. (Photo D.R.)

pas présents  à l’assemblée générale, afin de les remercier personnellement. Grâce à leur générosité, beaucoup d’enfants et de personnes retrouvent la joie de vivre.

J’ai passé une journée entière à l’entreprise de travaux publics Luc Durand où j’ai cherché à comprendre son fonctionnement, grâce à Isabelle Durand.
A l’école de Chalonnes-sur-Loire, j’ai été bien accueillie par les enseignants et les enfants avec qui j’ai beaucoup échangé. J’étais accompagnée par Marie-Thérèse qui gère la correspondance de ces écoliers à ceux de Babogou, une petite école située au nord  de Dapaong.

Un tour au Courrier de l’Ouest avec Patricia Jannin m’a permis de voir tout l’énorme travail que font les journalistes et les ouvriers du livre pour faire sortir la presse du jour.

De même qu’à Paris,  j’ai visité Angers avec son immense hôpital. J’ai admiré les grands magasins tels que Leclerc, Carrefour, Atoll qui n’ont rien de comparables avec les nôtres. A la campagne, j’ai visité le château du Plessis-Bourré, le domaine vicicole des Baumard, de grandes fermes bondées de grosses vaches et volailles comme nous n’en avons pas au Togo.

Il est difficile de rester indifférent devant ces beaux paysages. Les endroits visités étaient si jolis, bien entretenus et propres. Cela m’a poussée à visiter la déchèterie de Châteauneuf de la Sarthe où j’ai mieux cerné le système de recyclage. Je ne peux achever ce récit sans énoncer tous ces chaleureux repas entre amis ou en famille, fort copieux, auxquels je me suis vite adaptée !

Avant mon départ, avec le bureau de l’association Yendouboame, nous avons fait le point sur les actions à mener et revu la situation des jeunes de l’association vivre dans l’Espérance qui devaient, de préférence, opter pour des formations techniques et pratiques. Nous avons remis à jour la liste des parrainages  et fait suivre le déroulement de la construction de la maison Saint-Augustin, l’orphelinat des garçons qui est trop petit.

  • Une semaine chez « Maminou », à Nîmes

 

Nina rencontre sa marraine, Raymonde,  âgée de 94 ans, dans sa maison de repos, accompagnée par ses deux filles Mireille et Françoise. (Photo D. R.)

Nina rencontre sa marraine, Raymonde, âgée de 94 ans, dans sa maison de repos, accompagnée par ses deux filles Mireille et Françoise. (Photo D. R.)

Je me sentais un peu comme en Afrique avec une température montant de  25 à 30° après huit heures de route en voiture. Presque tout le bureau de Yendouboame et moi même, étions attendus par ceux de Maminou  dans le camping le Massereau.

Le 1er juin, s’est tenue l’assemblée générale de Maminou. J’ai valablement représenté VIE et répondu aux attentes des parrains et marraines, donateurs et amis.

Ce voyage m’a aussi permis de faire connaissance de Raymonde Espuch, cette bienfaitrice de 94 ans, ma marraine, qui n’a cessé de prendre soin de moi depuis le décès de mes parents. Que le Seigneur bénisse ces mains qui donnent pour nourrir,  guérir, vêtir, éduquer, enfin prendre soin, en  sauvant des vies!

Accueillie après l’assemblée générale chez Françoise Espuchet Jean-Paul, j’ai pu visiter les haut-lieux de Nîmes : les arènes, la Maison carrée, le carré des musée, le jardin de la fontaine, les halles, le marché…

 

Repas amical entre les amis et adhérents de l'association Maminou. (Photo D.R.)

Repas amical entre les amis et adhérents de l’association Maminou. (Photo D.R.)

La veille de mon retour sur Angers, après avoir assisté à un concert musical à la cathédrale Saint-Paul, nous participons à l’ouverture de la Feria, accompagnés de Françoise, Jean-Paul, Pierre et Jacky. Nous assistons à l’ouverture avec l’arrivée de 100 juments.

Une balade à cheval avec la visite du parc ornithologique près de Nîmes, puis quelques temps de divertissements en Bretagne dans une formidable famille, au bord de mer, m’ont aussi permis de découvrir les richesses naturelles de l’Europe.

Après tout ce confort, il fallait que je redescende sur terre, c’est à dire en Afrique. Sur le chemin du retour vers l’aéroport, en traversant la France, je prenais le temps de regarder toutes ces infrastructures modernes et cette haute technologie. En silence, je réfléchissais : que pouvais-je apporter de nouveau ou de beau à mon pays, à ma famille?

Nina Sandra

 

 

 

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Une réponse à Nina raconte son séjour en France

  1. Camille dit :

    Bravo Nina pour ce super récit de ton séjour en France. J’ai eu la chance de voir quelques photos de ton album quand j’étais à l’orphelinat à Dapaong cet été. ça a du être un voyage fantastique et très dépaysant ! Je suis sure que cette expérience et ces découvertes vont rester longtemps dans ta mémoire.
    Camille (de l’équipe d’Apprentis d’Auteuil 2014)