Rencontre avec les enfants de Dapaong : le récit de Juliette

Juliette et Camille (en arrière-plan) avec les enfants. (Photo J.Vincent)

Juliette et Camille (en arrière-plan) avec les enfants.
(Photo J.Vincent)

En juillet dernier, Juliette, désormais étudiante en journalisme à Lille, et Camille, en faculté de sciences sociales à Paris, se sont rendues à Dapaong, au nord du Togo pour découvrir la réalité quotidienne de l’association Vivre dans l’Espérance et tenter de se rendre utiles en proposant des activités aux plus jeunes enfants. Juliette nous livre à présent le récit et les photos de cette expérience enrichissante :

 

Trois mois se sont écoulés depuis notre voyage à Dapaong. Nos deux vies étudiantes bien entamées, la routine installée, MAIS toujours cette envie d’en parler, de se remémorer ces si beaux souvenirs, de penser aux enfants et aux mamans. Depuis ce voyage, le bonheur et la joie de vivre sont restés imprégnés en moi et me permettent de prendre du recul face aux déconvenues de ma petite vie!! (comme par exemple, croiser des souris dans mon salon…)
Le journal que j’ai tenu lors de ces deux semaines va nous permettre de repartir en voyage et de ressentir la chaleur togolaise!

Un voyage dépaysant

Lever du soleil aux Lauriers. (Photo J. Vincent)

Lever du soleil aux Lauriers. (Photo J. Vincent)

Le Lundi 14 juillet, 9h du matin, on sent le départ. Les mamans commencent à s’inquiéter, mais Camille réussit à calmer le jeu et prend leschoses en main à l’aéroport… Arrivées à Ouagadougou, au Burkina-Faso, lessivées par ce long trajet, nous retrouvons notre belle Tantie Nina qui nous attend, le sourire jusqu’aux oreilles: nous passons la nuit à la pension des Lauriers.

6h du matin et déjà des embouteillages à Ouagadougou (Photo J. Vincent)

6h du matin et déjà des embouteillages à Ouagadougou.(Photo J. Vincent)

Le lendemain matin :  direction Dapaong! Nous ne tenons plus en place à l’idée de rencontrer tous les enfants. Nous débordons de questions et le stress commence à monter.

Il est vrai que six heures de route sous une immense chaleur vont nous laisser le temps de réfléchir…

 

 

Chaleureux accueil à Sainte-Monique

A l’arrivée à la maison Sainte-Monique, à Dapaong, enfin, les

cérémonie d'accueil à Dapaong. (Photo J. Vincent)

cérémonie d’accueil à Dapaong. (Photo J. Vincent)

enfants nous sautent dans les bras. Les premières larmes d’émotion surgissent face à la joie qui envahit les enfants.

On se demande même « comment allons nous faire pour tenir deux semaines dans cet état? »

Activités pour les petits

Les premiers jours sont consacré à l’observation des cours pour les enfants, puisque les jeunes de Cambrai, arrivés une semaine plus tôt, s’étaient déjà réparti le travail. Alors, nous aidons à l’organisation des activités pour les petits, ce qui n’est pas la tâche la plus reposante… mais qui s’avère certainement la plus gratifiante!

Sophie et Mireille avec leurs colliers “fait maison”. (Photo J. Vincent)

Sophie et Mireille avec leurs colliers “fait maison”.
(Photo J. Vincent)

Si la première semaine est rythmée, entre autres, par la peinture et la fabrication de colliers, nous avons la chance de découvrir aussi la ville.

 

A la découverte du Togo

Les ambiances africaines sont toutes aussi incroyables les unes que les autres : le marché de Dapaong et ses épices éveillent nos sens; EPV (le centre d’activités de l’association) nous permet de discuter patrons et tissus avec ses charmantes couturières et nous flânons le long de petites rues bordées par des boutiques artisanales.

Dans les rues de Dapaong. (Photo J. Vincent)

Dans les rues de Dapaong. (Photo J. Vincent)

Il y a aussi la colline couverte de verdure et sa vue plongeante sur Dapaong; notre « légère » participation au chantier des Apprentis d’Auteuil qui construisent l’atelier de stylisme pour deux jeunes créateurs de l’association Vivre dans l’Espérance; les chants quotidiens, animés par Richard à 18h à la chapelle; et enfin, inoubliables: les grottes de Nano entourées de cultures de riz, bordées par d’immenses falaises…

Pas facile de se lancer dans la construction, aux côtés des Apprentis d'Auteuil ! (Photo J. Vincent)

Pas facile de se lancer dans la construction, aux côtés des Apprentis d’Auteuil ! (Photo J. Vincent)

 

 

 

 

 

 

 

“professeur de mathématiques et français”

Lundi 21 juillet, nous entamons notre deuxième semaine, et donc nos premiers cours en tant que “professeur de mathématiques et français ». Avec quatre élèves chacune, nous prenons ce rôle très à coeur et avons décidé de leur faire produire des expressions

Atelier de fabrication de piñatas pour la tombola.(Photo J. Vincent)

Atelier de fabrication de belles piñatas pour la tombola.
(Photo J. Vincent)

écrites reflétant leur passé et nous les avons entrainés aux divisions et multiplications.

Les après-midis étaient, il me semble, plus appréciés, chacun fabriquait une piñata, c’est à dire une boule en papier mâché dans laquelle on place des bonbons, pour la tombola du week-end. A ce moment-là on frappera la piñata pour qu’elle s’ouvre et libère les bonbons…

La visite aux malades

Le vendredi matin, nous prenons la direction du centre Maguy afin de rejoindre Soeur Marie Stella qui, pleine de confiance, nous emmène à l’une de ses visites quotidiennes des malades de l’association. Moment très riche et dur en émotions.

Voir ces femmes, pleines de grâce qui nous accueillent bien qu’elles soient au dernier stade de la maladie. Cette expérience nous a fait réfléchir, ouvrir les yeux sur le coté obscur de la vie et prendre conscience du manque de moyens, ici, pour les soins.

On sent venir la fin du séjour. J’ai gardé, pour terminer, quelques souvenirs  qui me tiennent particulièrement à coeur.

Dure réalité de la maladie et de la misère que  Soeur Marie Stella tient à faire découvrir aux jeunes venus la rencontrer. (Photo J. VIncent.)

Dure réalité de la maladie et de la misère que
Soeur Marie Stella tient à faire découvrir
aux jeunes venus la rencontrer. (Photo J. VIncent.)

Ayant intégré l’école de journalisme de Lille, je me passionne pour la vidéo et la photo, et donc les interviews. Ces moments intimes, d’échange avec un adulte ou un enfant, face à ma caméra, étaient magiques. Ce sont ces témoignages qui me permettent de replonger dans l’ambiance de Dapaong. Tous, se sont prêtés au jeu, malgré leur timidité et ont accepté de nous faire revivre leur passé. Finalement ils partagent le même sentiment : l’espoir et le bonheur.

Juliette Vincent

 

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Une réponse à Rencontre avec les enfants de Dapaong : le récit de Juliette

  1. LINA dit :

    Merci pour ce que vous faites ma sœur et merci à tous ces volontaires au grand cœur. Dieu vous benisse!!