Bienvenue au nouveau savon de Joséphine

Joséphine, fabricante de savons. (Photo D. R.)

Joséphine, fabricante de savons. (Photo D. R.)

Depuis 2010, l’association ardennaise « L’Acacia et le Néré » commercialise au profit de l’œuvre de sœur Marie-Stella un savon local fabriqué par Joséphine, une Togolaise de Dapaong. Ce savon renferme plus de douze plantes vertueuses de la savane africain et est très bon pour la peau. Cet automne, une innovation a donné une nouvelle impulsion à l’initiative. Benoît Bourin, le responsable de ce projet nous explique :Joséphine, notre fabricante basée à Dapaong (Togo), vient de mettre au point dernièrement, un nouveau savon à base de beurre de karité dont les qualités de douceur sont supérieures au précédent. Baptisé « Savon de Joséphine N°2″, il sera dorénavant commercialisé à la place de l’ancien modèle. Plus de 6000 « savons N°1″ ont pu être vendus jusqu’à aujourd’hui. Et nous sommes sûrs  que son successeur connaitra encore d’avantage de succès.

Cela faisait quelque temps que Joséphine, m’avait parlé d’améliorer sa recette : « J’aimerais

Joséphine en train de mouler les savons, à la main, dans la cour de sa maison. (Photo B. Bourin.)

Joséphine en train de mouler les savons, à la main, dans la cour de sa maison. (Photo B. Bourin.)

réaliser un nouveau savon à base de beurre de karité, pour plaire d’avantage ! »  expliquait-elle. Même si je l’avais encouragée, l’affaire ne s’était pas encore concrétisée. Mais voilà que cette année, devant notre souhait et l’obligation règlementaire en France, de maîtriser et connaître l’ensemble des ingrédients, Joséphine a dû passer à l’action.

Respecter la règlementation européenne

En effet, jusqu’à présent, elle travaillait avec un savon de base qu’elle râpait finement. Ce savon vendu dans les commerces de Dapaong est fabriqué dans le pays voisin, la Côte d’Ivoire. Il nous était difficile d’en connaître la véritable composition. Or, les contraintes de la commercialisation des cosmétiques en Europe obligent à connaître et nommer l’ensemble des composants. Nous étions donc « hors-la-loi ». Une porte s’est donc ouverte avec ce nouveau procédé de fabrication totalement maîtrisé par notre amie.

Nous portons beaucoup d’espoir sur ce produit. En effet, le beurre de karité est aujourd’hui unanimement reconnu en Europe pour ces bienfaits dermatologiques. Le « Savon de Joséphine n°2 » devrait donc connaître un engouement plus grand que son prédécesseur qui pouvait surprendre par une certaine « austérité » d’apparence. Cependant, il était déjà excellent pour traiter certains problèmes cutanés : J’en suis moi-même le premier bénéficiaire. Souffrant d’un psoriasis depuis l’âge de 4 ans, j’ai obtenu, grâce au savon de Joséphine, une grande, pour ne pas dire totale maîtrise de ce problème, depuis cinq ans que je l’utilise.

Des profits reversés au Togo

C’est d’ailleurs parce que je me suis rendu compte personnellement de cette amélioration que j’ai décidé de m’impliquer bénévolement dans sa commercialisation à plus grande échelle, au profit de Joséphine et de l’association Vivre dans l’Espérance.

Car nous avons pu ainsi envoyer  des sommes substantielles à l’œuvre de sœur Marie-Stella qui en a tellement besoin. Les bénéfices de la vente sont intégralement reversés au Togo. Ainsi sur un savon vendu 5 €, c’est  plus de 2 € qui revient à l’association « Vivre dans l’Espérance » pour ses projets.

Développer l’économie locale

C’est aussi à Dapaong, le développement d’une filière d’approvisionnement en plantes médicinales. Le nord du Togo a un grand besoin de prendre conscience des richesses de sa flore, pour la protéger et, pourquoi pas, pour la cultiver. Ce projet peut participer, s’il prend de l’ampleur, à la sauvegarde des fragiles écosystèmes des savanes.

Créer localement de la valeur ajoutée dans cette région si pauvre économiquement est une grande satisfaction.

Le "savon n°2".

Le « savon n°2″.

Enfin, cette aventure commencée il y a quatre ans, est aussi l’histoire d’une amitié très forte avec nos partenaires togolais. Pouvoir travailler ensemble avec le même objectif de solidarité est extraordinaire.

Je brûle de vous raconter la genèse de cette aventure et de montrer ainsi la Providence en action. Ce sera peut être pour un autre article. Mais combien de fois, à l’exemple de Joséphine, lors de nos échanges de SMS, je me dis : « Rendons grâce à Dieu ! »
Benoît Bourin

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4 réponses à Bienvenue au nouveau savon de Joséphine

  1. ORE Marie-Paule. dit :

    Bonsoir Soeur Marie Stella.

    Lors de notre prochain voyage à Bombouaka. Nous irons faire nos achats pour nous procurer le savon de Joséphine. Donc en octobre prochain. Amitié et embrassez tous vos enfants pour moi.

  2. Vincent HERLIN dit :

    Bravo et merci Joséphine !
    Je l’utilise déjà, juste quand je n’avais plus de « Savon n°1″ !!!
    J’embrasse tous mes amis togolais,
    Vincent

  3. Bastin dit :

    Bonjour,
    Personnellement ce qui était intéressant c’était justement les plantes de la savane et dans celui-ci il n’y a rien.
    le beurre de karite on en trouve dans tous les produits commercialises .
    En tous cas plus rien dans cette recette qui puisse soigner les problèmes dermatologiques de manière naturelle .

    Bonne route…

    • Sophie dit :

      La réponse de Benoit Bourin qui commercialise bénévolement ce savon dont les bénéfices sont partagés entre Joséphine et l’association Vivre dans l’Espérance :

      D’abord, soyez rassuré. Joséphine n’a pas abandonné les 12 plantes qu’elle incorporait dans le savon précédent. Elles sont toujours bien présentes et heureusement, car en effet, je ne verrais plus l’intérêt de commercialiser un simple savon fut-il fait avec du beurre de karité.

      Sur la plaquette publicitaire présentant le premier savon de Joséphine était écrit: « D’après une recette transmise par son grand-père, Joséphine fabrique ce savon à partir de douze plantes de la région sur une base de savon de Marseille »

      Joséphine achetait ce savon (de Marseille) sur le marché local pour ensuite le râper finement et le mélanger avec la poudre des différentes plantes.

      Et c’est la base de ce savon dit  » de Marseille » qui nous pose problème. En effet, ce savon est fabriqué en Côte d’Ivoire par une multinationale (UNILEVER). Nous avons cherché à rentrer en contact pour connaître la composition de leur savon mais il y a un refus de leur part de communiquer. Or pour être en règle avec la législation européenne sur les cosmétiques, nous devons afficher sur l’étiquette, l’ensemble des composants.

      D’où l’idée d’encourager Joséphine à fabriquer elle-même le savon. Pour cela elle utilise du beurre de karité qu’elle mélange à la soude. Le vrai « Savon de Marseille » français est fabriqué quand à lui à partir d’huile d’olive et de soude. Je soupçonne le savon fabriqué en Côte d’Ivoire d’être issu d’huile de palme. Et quand on voit dans les reportages télévisés les conditions de cultures de cet arbre, nous pouvons être préoccupés.

      Le karité est un arbre qui pousse naturellement dans la région ainsi qu’au Burkina Faso. Le karité n’est pas l’objet d’une culture intensive ou issu de la déforestation de la forêt tropicale. Il fait partie du paysage de la savane.

      Il est de plus en plus utilisé d’ailleurs dans l’industrie des cosmétiques pour ses qualités de douceur. Vous pouvez aller voir sur internet à l’adresse suivante, vous verrez les nombreuses qualités cosmétiques du beurre de karaté: http://fr.wikipedia.org/wiki/Beurre_de_karit%C3%A9
      Benoit Bourin