Filotéo en reportage chez Soeur Marie Stella

Bénédicte Jeancourt, envoyée spéciale du groupe de presse Bayard, au Togo. (Photo D.R.)

Bénédicte Jeancourt, envoyée spéciale du groupe de presse Bayard, au Togo. (Photo D.R.)

« Nous avons été accueillies comme des reines par des gens qui vivent sans rien ». C’est ainsi que Bénédicte Jeancourt, responsable éditoriale de Filotéo, résume son séjour au Togo où elle est allée en reportage. Elle et sa fille, Coline, qui l’accompagnait, nous livrent leurs premières impressions :
Me voici revenue, porteuse d’une bronchite et crevée mais le coeur en joie de tout ce que

Bénédicte, sa fille Coline et le photographe Julien Pebrel, avec les soeurs hospitalières du Sacré Coeur de Jésus, la congrégation à laquelle appartient Soeur Marie Stella. (Photo D.R.)

Bénédicte, sa fille Coline et le photographe Julien Pebrel, avec les soeurs hospitalières du Sacré Coeur de Jésus, la congrégation à laquelle appartient Soeur Marie Stella. (Photo D.R.)

j’ai vécu là-bas ! C’était une expérience décapante, ce voyage dans le nord du Togo !
Dans la petite ville de Dapaong, perdue au milieu des savanes, soeur Marie Stella recueille, soigne et honore les malades touchés par le virus du sida. Les plus pauvres des pauvres. Les bannis. Grâce à son association Vivre dans l’Espérance, et à sa communauté de soeurs hospitalières, elle s’occupe aussi des 1200 enfants restés orphelins depuis le début de l’épidémie dans la région.
J’ai voyagé avec ma fille Coline. Elle, parce qu’elle a profité d’un coup de folie de sa mère ! Moi, pour rapporter des reportages pour plusieurs titres du groupe Bayard : Filotéo, Pomme d’Api Soleil, Prions en Eglise juniorAstrapi et Pèlerin.
Ici nous avons vu une misère noire…
Et nous avons été accueillies comme des reines…
Nous avons vu des gens vivre sans rien…
Et nous avons partagé chaque jour la joie des chants, des danses, les éclats de rire sans fin, la tendresse et l’amour de chacun pour tous…
Nous avons vu combien la foi pouvait donner la vie et le courage d’espérer contre toute espérance…

Soeur Marie Stella et Maman Rita avec les plus petits des enfants. (Photo D. R.)

Soeur Marie Stella et Maman Rita avec les plus petits des enfants. (Photo D. R.)

Ils n’ont rien mais ils ont tout ce que nous n’avons pas ou plus, en fait, encombrés que nous sommes par trop de matériel.
Le sens de l’accueil, la gentillesse, l’amitié pour celui qui se présente.

Et surtout une foi à déplacer des montagnes, cette foi qui donne la force que nos forces humaines n’ont pas, cette foi qui donne une intensité de vie quand il ne reste plus long à vivre. J’ai compris ce que c’était que la miséricorde. Rejoindre l’autre dans sa misère, dans sa souffrance pour ouvrir une porte de lumière et d’amour au fond de cette misère.

Soeur Marie Stella est contagieuse ! Au fil des ans, elle a mobilisé une équipe de choc pour

Bénédicte avec sa filleule Merveille.  (Photo D. R.)

Bénédicte avec sa filleule Merveille.
(Photo D. R.)

l’aider dans sa mission. Par exemple Maman Rita, qui s’occupe à elle seule de 70 enfants ! Si comme moi vous êtes débordées avec quatre, allez donc faire un stage chez elle. C’est une maman époustouflante.

Ma petite filleule, Merveille, a reçu quelques jours avant mon arrivée les résultats définitifs de ses tests VIH. Et nous avons fêté dignement le succès de tous les soins prodigués depuis sa naissance pour éloigner le virus que sa mère aurait pu lui transmettre malgré elle. Elle est séronégative !

Coline ajoute : « Les Togolais sont exceptionnels »

« Pendant 10 jours, je suis partie sur une autre planète. Une planète que tout le monde devrait visiter. Un planète merveilleuse, extraordinaire. Pendant dix jours j’étais au Togo, avec des enfants orphelins. Ils sont les plus pauvres des pauvres, parfois les plus malades des malades.
Le Togo fait parti des pays les moins avancé. Et pourtant, les Togolais sont particulièrement brillants. En fait, je crois qu’ils sont tellement exceptionnels qu’ils sont hors de notre portée. En effet si nous avons l’argent, ils ont la générosité. Si nous avons le confort, ils ont la simplicité. Si nous avons de belles églises, ils ont la Foi.

Coline avec Augustin. (Photo D. R.)

Coline avec Augustin. (Photo D. R.)

Quand nous devons écraser nos voisins pour exister, en construisant toujours plus grand ; eux c’est à travers les autres qu’ils vivent, et c’est ensemble qu’ils construisent. Les gens que j’ai pu rencontrer connaissent bien la mort puisque la plupart lui ont laissé leur famille, certains ont échangé eux-mêmes quelques mots avec elle.
Et pourtant je n’ai jamais vu autant de vie que là bas. J’y ai compris ce que c’était de danser la vie, de la chanter, de l’aimer. Ils savent être heureux malgré la pauvreté, la maladie lorsqu’on ne sait même pas se satisfaire des richesses que l’on a.
J’ai reçu beaucoup plus que je n’ai donné pendant mon séjour, car j’ai reçu la plus belle leçon de vie qui existe. Et j’ai encore beaucoup à apprendre.
Alors, apprenons ensemble.
Apprenons à partager, à sourire, à faire rire.
Apprenons à vivre et à construire à l’unisson.
Apprenons à donner, à recevoir.
Apprenons à aimer.
Apprenons à croquer dans ce cadeau qu’est la vie.

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5 réponses à Filotéo en reportage chez Soeur Marie Stella

  1. Massart dit :

    Bravo pour votre récit. Ma femme et moi venons de passer 10 jours auprès de Sœur Stella, quelle magnifique expérience.
    Nous parrainons des enfants et y retournons en Janvier prochain.

    Amicalement.

    Christophe Massart

    • Sophie dit :

      Merci Christophe,
      N’hésitez pas à nous envoyer votre récit et quelques photos : nous les publierons bien volontiers sur ce blog.
      Sophie Laurant (administratrice du blog)

  2. Thérèse Marie dit :

    Merci de ce beau témoignage, j’espère que beaucoup le lirons et ensemble nous pourrons donner un peu de paix et de joie là où nous sommes – Merci à tous

    Sr Thérèse Marie

  3. Mathilde dit :

    Bonjour, je m’appelle Mathilde et j’aurais bientôt 13 ans. Après avoir lu le Filotéo consacré aux enfants du Togo, j’ai été particulièrement touché. J’ai decidé de parrainer un enfant avec mes parents pour lui rendre la vie encore plus heureuse et peut-être un jour le rencontrer. Je me suis rendue compte qu’il y a des choses plus importantes dans la vie et j’ai vraiment envie d’aider ses enfants.
    Bonne continuation!

    • Sophie dit :

      Merci beaucoup Mathilde de cette belle initiative. C’est très important pour les enfants, et pas seulement financièrement. Ils ont besoin de sentir que quelqu’un ou qu’une famille, au loin, pense à eux. C’est pourquoi cet engagement doit être à long terme. Bien sûr que quand tu seras plus grande, il faudra venir le voir au Togo. C’est super quand les parrains rencontrent les filleuls !
      A très bientôt j’espère de tes nouvelles. N’hésite pas à écrire sur ce blog la suite de ton expérience de parrainage.
      Sophie, administratrice du blog