Soeur Marie Stella : « demeurons des foyers de fraternité »

Soeur Marie-Stella de passage à Reims le 22 juin dernier. L'occasion d'une visite chez les clarisses de Cormontreuil. (Photo D. R.)

Soeur Marie-Stella de passage à Reims le 22 juin dernier. L’occasion d’une visite chez les clarisses de Cormontreuil. (Photo D. R.)

Il y quelques jours, soeur Marie Stella est rentrée à Dapaong, au Togo. Après plus d’un mois passé en France à visiter ses soeurs, les amis du diocèse de Cambrai et tous les soutiens de Vivre dans l’Espérance dans toute la France, elle nous écrit cette lettre en guise de bilan de son séjour auprès de nous, ses « frères et soeurs » de l’Hexagone.Très chers amis bienfaiteurs, sympathisants,
Très chers parrains et marraines,

Un jour, dit la légende rapportée par le penseur Pierre Rabhi, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »
Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

Pour nous, vous êtes tous et chacun un colibri, chacun faisant sa part dans notre

énorme mission, dans la prise en charge des orphelins et malades du sida.
Vous êtes de plus en plus nombreux à nous tendre la main, à nous donner votre coeur, à nous encourager, à continuer la route aussi dure qu’elle soit. MERCI !
Il y a un an, l’hebdomadaire Pèlerin par le biais d’Anne Ponce, directrice du journal et

Soeur Marie Stella, interrogée par Anne Ponce, directrice de la rédaction de Pèlerin et Sophie Laurant, grand reporter à Pèlerin

Soeur Marie Stella, avec Anne Ponce, directrice de la rédaction de Pèlerin (à droite) et Sophie Laurant, grand reporter à Pèlerin, lors de la conférence parisienne du 29 juin, à l’église Notre-Dame-de-La-Croix ( 20e arrondissement)

Sophie Laurant, une amie journaliste qui nous accompagne depuis des années, ont fait appel à votre générosité pour la construction du nouveau centre de soins. Il s’agit d’améliorer la prise en charge des malades et vous avez largement répondu à cet appel, comme toujours ; aujourd’hui une partie du centre a été réalisée. Nous comptons encore sur votre générosité pour terminer les travaux.
En effet, il y a urgence : ces six dernier mois, nous avons, hélas, perdu seize patients (adultes et enfants) à cause d’une mauvaise prise en charge.
Ainsi, Mado, 47 ans, a succombé suite à une déshydratation. Aucun centre ne voulait d’elle car elle dégageait une odeur désagréable. Elle avait été abandonnée par sa famille. Son seul refuge était l’association Vie. Mais elle habitait à 25 kms de nos locaux et nous ne pouvions l’héberger faute de lit.
La jeune Maria, 14 ans, est elle aussi décédée malgré nos efforts car elle a suivi un traitement inefficace reçu chez un marabout.
François, 20 ans,est décédé, en raison d’une mauvaise prise en charge. Il est arrivé à Vie en fin de vie car aucun centre de santé voulant le garder….
Tous ces malades sont partis dans une précarité, une souffrance qui ne dit pas son nom. Alors soyez assurés que le centre, en permettant enfin l’hospitalisation des personnes les touchées par la maladie, sauvera beaucoup de familles en détresse.
En décembre 2015, nous avons eu la chance d’accueillir Bénédicte Jeancourt (responsable

Bénédicte Jeancourt, envoyée spéciale du groupe de presse Bayard, au Togo. (Photo D.R.)

Bénédicte Jeancourt, envoyée spéciale du groupe de presse Bayard, au Togo. (Photo D.R.)

éditoriale de la revue Filotéo), accompagnée de sa fille et de Julien Pebrel, photographe, pour la réalisation d’un article concernant les enfants de nos orphelinats, communément appelés maisons familiales.
Ce moment a été fort pour les enfants et intense. Aujourd’hui nos enfants, grâce à cet article, ont répondu à des centaines de lettres des jeunes enfants et familles de France : une vraie grande famille.
Désormais, enfants, jeunes, adultes, personnes âgées se retrouvent autour d’une même mission : mission d’amour, de solidarité, de fraternité ; afin de faire grandir l’homme, donner sens à la vie d’un enfant qui a tout perdu – mais qui se remet à espérer de la vie grâce à vous, à vos dons, à votre affection. Nous avons gagné la fraternité, cette fraternité qui nous permet de reconstruire l’homme, la femme, l’enfant, le malade, la personne âgée, l’abandonné, le sans abri….
A l’école Sainte-Bernadette de Landas, dans le département du Nord, j’ai entendu les enfants me dire : « tu sais, soeur Marie Stella, quand je serai grand, je viendrai vous voir et aider vos enfants ». Des enfants se sont dépouillés tout de suite en donnant un crayon, un bic, en partageant leurs jouets.
A l’école Saint-François de Cambrai (Nord), ils se sont privés de quelques gâteaux, d’un repas chaud pour aider les enfants du Togo à manger, à aller à l’école, à se soigner… etc.

Avec les enfants de la catéchèse, à Reims, le 22 juin. (Photo D. R.)

Avec les enfants de la catéchèse, à Reims, le 22 juin. (Photo D. R.)

C’était émouvant de rencontrer des enfants qui témoignent de la Charité, de l’amour pour un autre enfant différent… Quel grand sens de la fraternité ! chacun fait sa part et nous pouvons ensemble construire un monde nouveau.
J’ai été heureuse de rencontrer beaucoup d’entre vous : familles, amis, partenaires. Je suis rentrée avec un coeur rempli d’intentions que je porte avec les enfants, les malades, dans nos prières et affection.
Merci, Merci, la goutte d’eau du colibri fait de nous des frères et soeurs de la même fratrie.
Merci au diocèse de Cambrai pour cette belle invitation à la journée de la fraternité, une journée riche en partage et rencontre.
Merci aux différentes associations rencontrées, à tous ceux qui font le lien entre ici et là-bas…
Merci aux nombreux bienfaiteurs, lecteurs du Pèlerin, de Filotéo, à tous les bienfaiteurs connus et inconnus.
Merci aux amis, aux familles, aux paroisses, aux communautés religieuses à tous et à toutes.
Ensemble, chantons : qu’il est formidable qu’il est formidable d’aimer, de tout donner, pour aimer….
Je vous embrasse et vous souhaite à tous de bonnes vacances.
A ceux qui souffrent nous prions pour vous.
A tous ceux que je n’ai pas pu rencontrer, j’envoie toutes mes amitiés.
Soyons et demeurons des foyers de fraternité,
Une Fraternité qui gagne toutes nos périphéries !
Soeur Marie Stella

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2 réponses à Soeur Marie Stella : « demeurons des foyers de fraternité »

  1. Blanchout - Busson dit :

    Bonjour je m’appelle Noé BUSSON et j’ai 11 ans je correspond avec un enfant du centre de Dapaong. Je voudrais savoir quand il me répondra. Je correspond grâce à Filotéo
    Il s’appelle Joseph. Sinon je tient à vous dire que je vous soutient à fond dans votre action. Mais je me sens inutile de ne pas pouvoir vous aider.
    Je parlerai par mail la prochaine fois.
    Noé Busson

    • Sophie dit :

      Bonjour Noé, je transmets ton message à nos amis de Dapaong. Ils vont te répondre. Il est certain que les enfants, là-bas, ne peuvent pas écrire souvent car ils partent chez des oncles et tantes l’été, et pendant l’année scolaire, ils n’ont pas toujours le matériel, l’habitude ni le temps pour écrire. Mais ne t’inquiète pas, je suis sûre que Joseph ne t’as pas oublié et est très content d’avoir un correspondant français.
      Sophie, administratrice du blog