L’Afrique, ma deuxième famille

Anaïs avec une maman souffrante, dans un village autour de Dapaong. (Photo D. R.)

Anaïs avec une maman souffrante, dans un village autour de Dapaong. (Photo D. R.)

Voici un petit témoignage qui nous est rapporté par Anaïs, Etudiante en Arts Appliqués, de Feneu dans le Maine-et-Loire, qui a effectué un long séjour à Dapaong, l’été dernier. Une expérience qui, dit-elle l’a « marquée à vie ».En mai 2015, j’ai assisté à l’assemblée générale de l’association «Yendouboame» créée par Hélène Durand à Angers. Sœur Marie-Stella, accompagnée de Maman Rita, sont venues témoigner de leur action auprès des enfants et des familles touchées par le VIH-sida au Togo. Leurs témoignages m’ont beaucoup touchée. Après leur passage à Angers, elles m’ont données envie de découvrir la culture africaine et leurs nombreuses actions réalisées à Dapaong.

Pour valider mon Master en Design graphique, je devais effectuer un stage de trois mois dans une agence à l’étranger. Ce fut l’occasion pour moi, de découvrir mon futur métier dans une culture différente et également de me rendre à Dapaong pour aider l’Association «Vivre dans l’espérance.»

Mon aventure Africaine a commencé par un baptême de l’air avec un atterrissage remarquable à Cotonou (Bénin) le 5 juin 2016. Durant six semaines, j’ai effectué un stage dans une agence de communication Béninoise «Gazelle Touch». Accompagnée de mes quatre valises, j’ai ensuite pris la direction de Lomé, capitale du Togo.

Laeticia Nossa et Nina Aradjo, anciennes bénéficiaires de l’association « Vivre dans l’Espérance » m’ont accueillie quelques jours, avant que je ne prenne un car pour Dapaong situé dans la région des Savanes au nord du Togo.

Arrivée à la Maison Sainte-Monique

Le 19 juillet, après 9h de car, je pose enfin le pied à Dapaong ! L’arrivée était vive en émotion, quelle joie de rencontrer tous les enfants de l’association qui chantaient et priaient en communauté. J’ai eu la chance d’être hébergée à la maison Sainte-Monique avec les enfants. Nous avons pu partager de très bons moments d’écoute, d’accompagnement, de festivités. L’Afrique ne rate aucune occasion pour faire la fête !

J’ai rencontré une grande et belle famille, où règne un esprit de solidarité, de fraternité, d’entraide, avec une répartition équitable des tâches. Chacun est ainsi responsabilisé dès le plus jeune âge. Aux commandes de cette fratrie, Maman Rita assure le bon fonctionnement de la maison. Attentionnée auprès de chacun de ses enfants, elle panse les petites plaies, assure la distribution des médicaments aux enfants malades, et règle rapidement tous les petits problèmes de la maison avec une énergie débordante !

Mes petites missions

Ma première mission était d’accompagner les jeunes bacheliers (Kévin, Madeleine, Épiphanie et Joseph) dans leur orientation universitaire. Nous avons fait une mise au point informatique afin qu’ils sachent se servir de l’ordinateur dès la rentrée prochaine à l’université. Louise, une enseignante béninoise, a aussi bénéficié des cours d’informatique que nous effectuons à L’EPV les après-midi.

Tous les matins à 10h00, je me rendais au collège Mô-Fant pour enseigner aux classes de première et terminale. Nous avons revu les bases nécessaires à la rédaction d’un commentaire et d’une dissertation. Après avoir constaté de nombreuses lacunes orthographiques, nous avons fait quelques révisions des règles de la langue française.

Accompagnée de tous les enfants, nous avons désherbé le champ du nouveau centre Maguy rythmé par les chants. La pause haricot et la boisson locale «tchakpa» étaient bien méritées. Les garçons fauchaient, les filles passaient la houe et les plus petits secouaient les mottes de terre. Un vrai travail d’équipe supervisé par le grand frère Richard.

J’ai également aidé Maman Rita à distribuer les médicaments pour les enfants le soir à 19h00.

Rencontres au village

Accompagnée de Sœur Marie-Stella et de Monseigneur Denis Lecompte (Cambrai), j’ai rencontré trois familles touchées par le VIH, au village. La première patiente était une maman qui a fait un AVC suite à la maltraitance de son mari. Ce sont ses deux enfants de 15 et 17 ans qui s’occupaient d’elle. Une autre maman avec ses six enfants dorment à 8 dans la même case faute de moyen pour restaurer la case détruite par les intempéries. Puis, nous avons rencontré une maman veuve pour la seconde fois, avec ses quatre enfants. Elle parcourt de nombreux kilomètres pour se rendre à l’association et aller aux champs pour nourrir ses enfants. Des situations de pauvreté qui m’ont fait réfléchir sur ma manière de vivre et d’appréhender les difficultés de la vie.

Un séjour qui m’ a marqué à vie

Ce séjour auprès des enfants orphelins m’a donné une force et me donne envie d’avancer encore plus dans ma vie personnelle et professionnelle.

En préparant mon voyage depuis la France, je n’avais pas pris conscience de tous les risques que je pouvais rencontrer en voyageant seule. Aujourd’hui, je suis fière d’avoir franchi ce pas. Fière d’avoir pu m’adapter à la culture béninoise et togolaise. Fière d’avoir rencontré et échangé avec la population.

Après cinq semaines au Togo, c’est le cœur serré d’émotion et rempli de très beaux souvenirs avec les enfants et les membres de l’association que je repars à Cotonou pour la fin de mon stage. Je reviendrais sûrement pour effectuer d’autres actions pour aider l’association.

J’ai pour projet de réaliser une exposition photographique pour faire connaître l’association et récolter des fonds pour financer une partie du mobilier nécessaire à l’école Nambonga de Kantindi.

Je remercie Hélène Durand pour m’avoir fait vivre cette expérience, ma famille pour m’avoir fait confiance et m’avoir laissée partir seule dans cette aventure ainsi que les membres de l’association, le personnel soignant de la pédiatrie, Hortense pour ses bons petits plats, le frère Maurice, Marcel et Richard, et les plus courageuses Sœur Marie-Stella et Maman Rita.

Anaïs

 

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