Camille fait parler de leurs émotions les enfants de l’association

Camille Tissot avec des jeunes filles de l'association VIE. (Photo D. R.)

Camille Tissot avec des jeunes filles de l’association VIE. (Photo D. R.)

Camille Tissot vient de passer deux mois à Dapaong, dans le nord du Togo, en stage au sein de l’association Vivre dans l’Espérance. Voici le récit qu’elle fait des premières semaines de son séjour. Cela fait maintenant trois semaines que je suis à Dapaong, ville située dans le nord du Togo, et je commence à prendre mes marques et à mettre en oeuvre mes missions.
Je me rends compte que l’association mène beaucoup plus d’actions que ce que j’imaginais :

  • En premier lieu, il y a un centre de soin, le centre Maguy, situé à côté de l’hôpital d’enfants, qui accueille les patients contaminés par le VIH en consultation. Y travaillent des infirmiers, une pharmacienne mais également des médiateurs, une assistante sociale. Les patients peuvent venir se réapprovisionner en médicaments (ou « produits » comme ils disent ici), subir des soins, mais aussi parler des problèmes qu’ils rencontrent dans la vie quotidienne (conflits familiaux, problèmes scolaires, financiers…). Un groupe de parole, auquel je participe, est organisé tous les jeudis matins avec les patients adultes.
    Un village de brousse avec ses jolies cases. (Photo C. T.)

    Un village de brousse avec ses jolies cases. (Photo C. T.)

    Je fais également des visites à domicile avec un médiateur, afin de prendre des nouvelles des patients ou leur apporter des médicaments ou de l’alimentation. Nous partons dans la brousse et traversons des villages parsemés de jolies petites cases rondes en terre. Un assistant médical fait également des soins à domicile et anime depuis peu des cours d’éducation thérapeutique (pour apprendre aux patients à bien prendre leur traitement), ils ont un nouveau matériel pédagogique ; c’est très intéressant .

  • Ensuite, il y a un pôle administratif où sont gérées les admissions, les projets etc. Il y a aussi un atelier de couture au sein duquel de jeunes couturières (issues des orphelinats) se forment et cousent de beaux pagnes pour les clients.
  • Enfin, il y a deux orphelinats accueillant des OEV ; c’est-à-dire des Orphelins et Enfants rendus Vulnérables par le SIDA, dont certains sont séropositifs, d’autres non. La maison Sainte-Monique accueille 95 enfants, les plus jeunes et les filles, et à Saint-Augustin sont hébergés une cinquantaines de garçons.
Promenade sur la colline, au-dessus de la ville de Dapaong avec les enfants. (Photo C. T.)

Promenade sur la colline, au-dessus de la ville de Dapaong avec les enfants. (Photo C. T.)

Avec ces enfants, je fais de l’animation, je discute avec eux, participe à la douche des petits, donne les traitements, fais du soutien scolaire…. Nous sommes aussi allés plusieurs fois nous balader sur la colline.

Enfin, j’ai animé des petits « clubs » sur le thème des émotions (ça tombe bien, puisque c’était mon sujet de mémoire !!). C’était très intéressant, car j’ai pu remarquer que les jeunes avaient du mal à se confier, et à exprimer des émotions négatives. C’est la politique du « tout va bien » !

Il y a une autre volontaire, qui s’appelle Alice et qui est orthophoniste. Elle est arrivée en novembre pour huit mois. On s’entend super bien !
Ces deux dernières semaines, nous avons été très occupés par les fêtes et leurs préparatifs : déco, cuisine…
Les jeunes filles de l’orphelinat venaient parfois à partir de 4h-5h du matin à la maison Saint-Jean pour cuisiner pour des centaines de personnes (arrivée de nombreux enfants pris en charge par l’association à l’extérieur des orphelinats)!

Le 23 décembre, c’était le Noël des enfants. Au programme : élection des miss et des

Election des miss et misters. (Photo C. T.)

Election des miss et misters. (Photo C. T.)

misters et danses. Je faisais partie du jury : quelle pression !  Que ce soit pour Noël comme pour le réveillon, nous avons beaucoup dansé et chanté. C’était génial. Ici, les enfants, même les plus jeunes, ont un sens du rythme et une mémoire des paroles exceptionnels. On a essayé d’apprendre à danser, mais, en tant que « blanches », nous ne sommes pas très douées pour la « danse des fesses » traditionnelle !

Pour ce qui est du rythme de vie, tout le monde se lève très tôt ici, donc j’ai un peu du mal à me lever pour aller au centre à 7h15 le matin et à me coucher tôt le soir… mais je m’y fais.
Je n’y croyais pas quand on me le disait, mais j’ai parfois froid le matin, à cause de l’Harmattan (vent venu du Nord-Est).  Sinon, dans la journée, il fait environ 25 degrés. Bon, c’est quand même l’été par rapport à la France!

Avec Alice (à droite), dans nos vêtements made in Dapaong. (Photo D. R.)

Avec Alice (à droite), dans nos vêtements made in Dapaong. (Photo D. R.)

Côté alimentation, je mange beaucoup de féculents : pâte de maïs, le plat local de base, beaucoup de riz, de l’igname, des pâtes et quelquefois des pommes de terre (très chères ici). J’apprends à manger la pâte de maïs avec la main, droite de préférence, coutume oblige, et la sauce gluante de gombo ou de baobab. C’est très bon. Les bons ananas bien sucrés, les bananes et autres fruits exotiques, ne manquent pas, à mon plus grand plaisir. Ce qui me manque, je l’avoue, c’est le chocolat. Je mange avec Alice, d’autres jeunes filles de l’association et Sœur Marie-Stella.
Avec Alice, nous nous sommes acheté de jolis pagnes colorés sur le marché pour nous faire des robes, qui seront cousues sur mesure par les jeunes de l’association.
Je voulais aussi vous parler de l’accueil très chaleureux des Togolais. Ici, les voyageurs, et d’autant plus les blancs, sont très respectés. J’ai été accueillie par des enfants très joyeux, toujours prêts pour une activité ou un jeu, aimant apprendre de nouvelles chansons, et toujours un sourire jusqu’aux oreilles ! En tout cas, leur joie leur vient aussi du fait qu’ils sont très croyants, et donc la religion (catholique pour la plupart) les unit. Il y a de

Soirée dansante pour tous les âges. (Photo C. T.)

Soirée dansante pour tous les âges. (Photo C. T.)

nombreuses messes, prières, très joyeuses, avec de beaux chants et des danses.
« Yovo, yovo bonsoir » ! (comme disent les enfants dans les rues ici, pour saluer les blancs) . A bientôt pour de nouvelles aventures.
Camille, ou Kami (ou « piment » en moba dans la sauce, dixit les jeunes de VIE)

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