Une Foi qui interpelle

Florence (premier rang, deuxième à droite), lors de la rencontre avec le groupement de femmes. (photo D. R.)

Florence (premier rang, deuxième à droite), lors de la rencontre avec le groupement de femmes. (photo D. R.)

En mars 2016, Florence Massart s’envolait vers le Togo pour la première fois. Elle allait rencontrer la petite Marie-Gabrielle, un nouveau-né qui deviendrait sa filleule bien-aimée. Depuis, Florence est retournée la voir deux fois. Elle nous livre ici ses réflexions, nées de son dernier séjour :

11 Janvier 2017, pour la troisième fois en une année, jour pour jour, me voilà de nouveau à Dapaong. En apparence, rien n’a changé et pourtant, tout au fond de moi, tout à changé…

Je vis ce troisième voyage totalement différemment des deux premiers ; ni bien meilleur, ni moins bon que les autres. Non, c’est quelque chose de bien plus profond, indicible au départ, mais qui se révèle doucement à ma conscience : C’est en fait la force des ces hommes et femmes de l’association Vivre dans l’Espérance, que de continuer malgré leur misère oserais-je dire, perpétuelle. Leur don du partage si naturel chez eux, leurs regards si profonds, si vrais qu’ils ne laissent bien souvent pas de place au doute.
Oh, bien sûr, ce sont des femmes et des hommes comme tout être humain, avec leurs entraves bien marquées. Oui, ils sont semblables à nous mais il a quelque chose que nous, nous avons mis de côté et grandement oublié : la Foi.

Une force extraordinaire

Soeur Marie Stella avec une maman déshéritée. (Photo D. R.)

Soeur Marie Stella avec une maman déshéritée. (Photo D. R.)

Car face à tout ce travail à accomplir, seule une force extraordinaire peut donner le courage de continuer à Soeur Marie Stella, à Maman Rita, à Marcel et à tous ceux qui, sans relâche, travaillent chaque jour pour le bien d’autrui. Tous ces enfants accueillis ou en famille d’accueil, qu’ils soient parrainés ou pas encore, tous ces malades et victimes malgré eux, ont maintenant un espoir grâce à toutes ces personnes qui se sont dressées contre l’injustice!
Quelle Foi pour accomplir ce travail !
Que dire également du groupement des femmes ! Toutes ces mères de familles qui ont compris qu’en unissant leur savoir-faire individuel, elles faisaient du groupe une force qui enfin, allait pouvoir nourrir leurs enfants. Ces femmes se réunissent chaque semaine, commencent par prier puis s’écouter respectueusement. Elles se soutiennent, s’entraident.
Finalement, elles ont choisi de faire confiance.
C’est aussi la Foi, sous un autre visage.

« Tu vois, Dieu est toujours là ! »
Résonne aussi en moi une expérience que Maman Rita m’a confiée : une famille vient un matin à la maison Sainte-Monique car elle a faim. Maman Rita leur donne leur dernier sac de riz. Elle sait qu’elle n’aura presque plus rien pour les enfants de la maison le soir. Mais Maman Rita sait aussi que cette famille a faim. Alors elle donne. Elle a confiance en la Providence.
L’après midi-même, je vois une voiture entrer dans la cour. L’homme descend, avec lui deux gros sacs de riz. « C’est pour vous, dit il à maman Rita, pour les enfants ». « Tu vois, me dis maman Rita, Dieu est toujours là ! »

Comment décrire également la manière qu’ils ont de nous accueillir ! Ils nous donnent tout ! A commencer par leur présence ; Ce beau cadeau qui ouvre les coeurs, les unit et laisse en nous des traces de partages inoubliables. Ici, pas de différence de culture, juste une rencontre d’Hommes qui se laissent touchés par un autre visage de la Foi : La relation.

Leur Foi m’a interpellée. J’ai répondu présente !

Et puis il y a la prière des enfants, quotidienne, bien réelle et d’abord adressée pour les

Les enfants des Maisons Sainte-Monique et Saint-Augustin sur le chemin de l'école. (Photo D.R.)

Les enfants des Maisons Sainte-Monique et Saint-Augustin sur le chemin de l’école. (Photo D.R.)

autres : Pour leurs bienfaiteurs comme ils disent, leurs parrains et marraines, leur pays, et enfin tout en derniers, pour eux.

Alors que ma belle-mère était décédée en novembre 2016, j’ai vraiment été très touchée en ce mois de janvier 2017, d’entendre ces petites voix demander à Dieu de l’accueillir dans son royaume.
Alors que Dieu ici, est quasi oublié, quelle grandeur d’âme pour chacun de ces orphelins !
Et quelle leçon d’humilité pour moi ! Il est certain aujourd’hui, que la vie même de tous ces enfants, ces femmes et ces hommes a changé mon regard sur la vie, a même changé ma propre vie. Dans ce monde qui va toujours plus vite, où il faut être le meilleur, quitte à laisser les autres de coté du moment où nos besoins pourront être réalisés, il y a un choix décisif à faire.
Leur Foi m’a interpellée. J’ai répondu présente !
Florence Massart

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