Armelle et Séverin, deux enfants en quête d’amour

Maman Rita entourée des jeunes enfants de Sainte-Monique dont elle a la responsabilité. (Photo D. R.)

Maman Rita entourée des jeunes enfants de Sainte-Monique dont elle a la responsabilité. (Photo D. R.)

Vivre dans l’Espérance a accueilli cette année vingt-trois enfants de plus parmi les 1 500 dont elle s’occupe. Sa directrice, Soeur Marie Stella nous présente Armelle, une adolescente dénutrie et le petit Séverin, un enfant des rues auquels l’association tente de rendre le sourire en leur apportant des soins et surtout, beaucoup d’amour et de confiance. Voici leurs histoires

La pastèque de Séverin

Séverin, 9 ans, est un enfant de la rue récupéré par Maman Rita il y a quatre ans. Malgré tous les efforts prodigués pour qu’il ait une bonne éducation, il garde en lui-même la marque de ses attitudes d’avant : il est agité, sale, sort sans permission, perd ses affaires : severinchaussures, sac d’école et parfois même revient sans sa chemise d’école… Tous les jours, des remarques lui sont faites et l’on a l’impression qu’il n’évolue pas ! La seule personne qui croit en lui c’est Maman Rita qui lui fait confiance et trouve qu’il fait des efforts à certains jours. Et puis, Séverin aime danser et a un très beau sourire !
Il y a deux semaines, je suis allée au marché avec deux de mes grandes filles pour les courses communautaires. Au retour, nous nous sommes arrêtées en route pour acheter des pastèques. Après la livraison, un petit garçon s’approche avec une grosse pastèque en cadeau en nous disant : « Vous la remettrez à Séverin car c’est un très bon ami pour moi, il est très gentil et il me rend beaucoup service ! »  Sur le coup j’ai été estomaquée par ses propos et je me suis dit : « Séverin ! Que tout le monde le voit comme un voyou, un vaurien… Voilà un acte d’encouragement pour tous ceux qui ont la charge des enfants et de personnes en difficulté. Nous ne devons jamais désespérer sur la route de l’éducation. Si chaque personne est à l’image de Dieu, elle a en elle ce qui est bon car Dieu est Amour et Charité. »
Cette pastèque, Séverin l’a partagée avec les plus petits enfants de la Maison Sainte-Monique. Depuis cet épisode valorisant, il se sent plus en confiance et s’est fait davantage d’amis parmi les enfants.

Armelle s’accroche à la vie

Armelle, 14 ans en classe de 4ème,ne pesait que 15 kilos lorsqu’elle est arrivée à notre tout nouveau Centre Maguy pour être prise en charge. Malgré sa maigreur, tout le personnel a été vite séduit par son regard aimant, quémandant la vie, la santé. Elle me faisait penser à la jeune

La souriante Armelle va être prise en charge au centre Maguy. (Photo D. R.)

La souriante Armelle va être prise en charge au centre Maguy. (Photo D. R.)

Maguy, l’une de mes premières petites qui a donné son nom à notre centre de soins… Deux jours auparavant, nous avions reçu un infirmier, Chef d’un autre centre de Santé. Il est passé au Centre Maguy et a rencontré le corps médical et l’assistante sociale pour expliquer la situation de cette petite jeune qu’il prend en charge depuis cinq mois. Malgré ses efforts, il n’avait pas de succès dans sa prise en charge.
La jeune fille nous raconte son histoire. Elle a perdu sa maman quand elle avait 5 ans et son père il y a sept mois. De Lomé, la capitale, où elle menait une belle vie avec son papa et son demi-frère, elle est revenue au village lors de la fin de vie de son papa et elle n’est plus jamais repartie. Elle est demeurée avec sa grand-mère, mais dans des conditions difficiles, n’ayant pas assez à manger. En outre, sa grand-mère lui disait : « Ton père n’a jamais rien fait pour moi, alors n’attends rien de moi ! »  Armelle verse les larmes … Toute l’équipe est autour d’elle pour lui montrer toute sa solidarité, son amour, et lui expliquer toute l’attention que l’on va lui porter sur le plan des soins.
Elle nous avoue : « Je suis stressée ». Je cherche à savoir pourquoi  et elle me répond: « je n’ai plus mon papa, il me manque ! ». Je lui demande alors : « Oui, papa est au ciel, mais as-tu peur de mourir comme lui ? » Réponse : « Oui, il était souvent malade comme moi ! » et je lui dis : « ton papa n’avait-il pas trouvé des personnes comme nous pour l’accompagner, le soigner ? » elle acquiesce.  Je reprends : « Toi tu es avec nous et nous t’aimons, nous allons t’aider, nous allons te soigner, tu vas trouver d’autres enfants qui sont tes frères et sœurs, qui ont la même réalité que toi. » « Donne-moi ta parole ! » dit-elle alors.  Puis elle ajoute : « Je remercie d’abord le tonton infirmier de m’avoir sauvée, merci à vous de m’accueillir, de me soigner, de m’aider à vivre.Je voudrais reprendre les cours car je vais être médecin pour, à mon tour, soigner les malades comme vous le faites. Aidez-moi à suivre, à vivre…  et tout de suite !»  elle sourit. Armelle attend de nous pour vivre et espérer. Elle aurait besoin d’un parrain et d’une marraine car sa situation d’enfant très malnutrie nécessite des soins coûteux et elle a besoin d’amour. Aidons Armelle, elle a soif de l’Amour, notre amour, notre Charité.
Soeur Marie Stella

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