Balade avec les garçons de Vivre dans l’Espérance

Dapaong vue depuis la collinge. (Photo B. B.)

Dapaong vue depuis la collinge. (Photo B. B.)

Au début de l’année 2017, Benoît Bourin est retourné avec un groupe d’amis, à Dapaong, dans le nord du Togo. Cela fait des années qu’il fréquente régulièrement la région des Savanes, mais c’était la première fois qu’il grimpait sur la colline dominant la ville. Impressions au soleil couchant.Cela faisait si longtemps que je la regardais cette colline ! Je la contemplais quand je marchais dans les rues de Dapaong ou alors quand à moto, je m’en approchais dans le quartier de Tantiegou.
Cela fait si longtemps que je connais Dapaong et jamais je n’avais pris le temps de gravir ce plateau qui m’attirait. Mais qu’y avait-il en haut ? Le point de vue sur Dapaong  ne devait-il pas être beau ? Mais non, je n’y étais jamais allé. Le rythme de vie des courts séjours m’en laissait peu le temps certes, mais sans doute aussi que le moment n’était pas venu… Et je pensais à autre chose.
Mais ce samedi 14 janvier, en fin d’après-midi, cela s’est produit.
Avec Eric, nous étions partis rendre visite aux garçons  que l’association Vivre dans l’Espérance élève au sein de la maison Saint-Augustin et finir la partie de foot qui devait être engagée avec le restant de notre équipe. Mais finalement quand nous sommes arrivés à la maison d’accueil, Joseph et ses amis n’étaient pas là. Nous avons salué Elisabeth, la « maman Rita » [du nom de la charismatique responsable de la maison jumelle, Sainte-Monique, où sont accueillies les filles, NDLR] de Saint-Augustin et puis discuté avec quelques enfants. Il était 17 h, l’heure la plus agréable de la journée. Le soleil faiblit et on est bien. Une bonne chaleur et une belle lumière nous entourent.
« Eric, que dirais-tu de grimper sur la colline ? » A peine, ai-je prononcé ses paroles

Les garçons de Saint-Augustin. (Photo B. B.)

Les garçons de Saint-Augustin. (Photo B. B.)

qu’une dizaine d’enfants de Saint-Augustin, se précipite autour de nous et nous propose de faire la visite.
Et nous voici, partis marcher avec un enfant à chaque main, dépassant les dernières maisons pour grimper sur les premiers rochers. Nos guides sont devant, qui se disputent gentiment sur l’itinéraire. Et nous voici en montant un coup à droite, un coup à gauche. Toujours la main bien accrochée à celle d’un enfant. Une petite épine m’égratigne le mollet, ce n’est pas grave, on avance….
Et j’aperçois les gros rochers… Mais déjà des enfants sont dessus, nous faisant signe. Je me hâte car j’ai toujours aimé les beaux points de vue surtout quand il y a une petite escalade.
Et me voici enfin sur mon rocher. MAGNIFIQUE, MAGNIFIQUE !
Quel beau point de vue ! Le soleil à l’horizon qui se couche tranquillement. Et toutes ces petites maisons dans la ville. Dapaong s’étend, s’étend. Et je devine la vie qui l’anime dans
chaque rue : les vélos et les motos qui circulent, les femmes qui reviennent du marché. Le moulin à mil qui s’égosille.
Mais là où je suis, tout est calme et je contemple. J’aperçois le grand lac qui alimente maintenant en eau Dapaong. Il s’étire tranquillement vers l’ouest. Des arbres et arbustes viennent se poser en premier plan parmi les rochers. Plus loin la verdure s’impose . Je prends des photos, à droite, à gauche, devant.
Mais les enfants me tirent par la main et j’aperçois Eric, assis sur un rocher entouré

Eric entouré des enfants. (Photo B. B.)

Eric entouré des enfants. (Photo B. B.)

d’autres enfants. Chacun veut regarder le spectacle avec ses jumelles. Eric est un peu inquiet mais laisse faire. Il n’a pas le choix d’ailleurs. Et je photographie les enfants. Ils prennent tour à tour des pauses figées qui contrastent tellement avec la vie et
la joie qui les animent. Alors je les distrais et les sourires s’affichent …
C’est un beau et bon moment. Les enfants sont en fête et je le suis aussi. Et je comprends que la Providence avait organisée ce rendez-vous avec ces chers enfants de « Vivre dans l’Espérance », que ce moment m’était offert… un beau cadeau, un très beau cadeau.
Mais l’heure avance et les enfants nous entrainent plus loin vers les réserves d’eau et l’aqueduc d’alimentation. On refait des photos et nous marquons notre passage à la craie sur les cuves : « SAMEDI 14 JANVIER 2017, BENOIT ET ERIC ! ».
Encore quelques photos des enfants sur le gros tuyau d’alimentation, nous poursuivons. Mon petit guide qui me tient toujours la main, a des soucis avec ses nu-pieds qui sont en train de lâcher. Mais ce n’est pas grave, on poursuit sans chaussures. Nous nous retrouvons derrière la préfecture et commençons la descente par un chemin
ombragé assez large. La nuit tombe et l’air se remplit du parfum des neems. J’aime …
Très vite, nous retrouvons la route et la ville, le bruit des motos. Dans les bars, il y a attroupement et de grands éclats de voix. C’est qu’il y a retransmission des matchs de la « CAN », comprenez la Coupe d’Afrique des Nations.
C’est l’événement. Des enfants nous abandonnent d’ailleurs pour regarder la compétition.

Près du réservoir. (Photo. B. B.)

Près du réservoir. (Photo. B. B.)

Nous revoici à Saint-Augustin et disons au revoir avant de rejoindre la maison d’hôtes Saint-Jean, où nous logeons. Certains jeunes nous raccompagnent d’ailleurs.
Un mois plus tard, je repense à ce moment. Un moment tout simple, un moment de contemplation, un moment de fraternité.
Que l’Afrique est belle !
Benoît

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