Mon amie, Marie Stella

Soeur Marie Stella & Sophie Laurant © Bruno Lévy

Dans la salle de son couvent, au nord de la France, vêtue de la tenue blanche des sœurs augustines hospitalières, elle parlait d’une voix douce, égrenant les taches immenses qu’elle aurait aimé accomplir.

De temps à autre, un grand éclat de rire rompait avec ses propos terribles : en 1998, Sœur Marie Stella que je venais de rencontrer, n’avait que sa compassion à offrir aux enfants et aux parents malades du sida, qu’elle découvrait, par centaines, prostrés dans les cases de leur village.

Ce jour-là, déjà, j’ai senti son charisme si attachant : mélange d’humanité, de force et d’humour… J’ai tout de suite été impressionnée par son projet : faire de l’information et de la prévention auprès des parents, recueillir les mamans rejetées par leur famille ou leur village, élever les orphelins de plus en plus nombreux. Une goutte d’eau dans un océan de misère. Mais avec une foi à déplacer les montagnes !

Alors journaliste à La Croix, chargée des questions de santé, j’avais lu, quelques jours plus tôt, la lettre qu’elle avait adressée à notre rédaction en chef. Comme nous préparions une série d’articles sur le thème « l’Afrique qui bouge », afin de rompre avec les clichés sur le fatalisme supposé des Africains, sa lettre nous avait interpellés.

Et c’est ainsi que je me suis retrouvée à Saint-Amand-les-eaux, dans le Nord, pour interviewer Marie Stella, alors en convalescence après un accident de mobylette.

Mon article – deux malheureuses colonnes sans photos et sans appel aux dons – a néanmoins suscité ses premiers parrainages d’enfants et de quoi s’acheter deux mobylettes… pour mieux sillonner les campagnes, à la rencontre des malades. Je ne l’ai su que plusieurs mois plus tard.

J’ai été étonnée du pouvoir de ce que nous écrivons, et éblouie de la générosité des lecteurs.

Dès lors, j’ai suivi de loin en loin ce que devenait Marie Stella. Chaque année, un petit mot, une lettre circulaire pour constater que l’association grandissait…

Il y a deux ans, grâce à l’arrivée d’Internet à Dapaong, j’ai pu échanger davantage avec elle et découvrir l’ampleur de son action.

Pèlerin lui a alors ouvert ses colonnes et Sœur Marie Stella, dont l’ordre a fusionné désormais avec les Soeurs hospitalières du Sacré Coeur de Jésus est désormais notre héroïne, à la rédaction. Elle est aussi devenue mon amie.

Sophie Laurant

5 réponses à Mon amie, Marie Stella

  1. odras-durieux dit :

    Bonjour, je suis étudiante en kinésithérapie et je pars cet été faire un stage au Togo. Je voudrais vraiment donner un peu de mon temps à l’orphelinat de Maria Stella mais je ne parviens pas à trouver son contact. Pourriez-vous m’aider, auriez-vous une adresse où la joindre…?

    Je vous remercie.

    Stéphanie.

  2. raymonde degrillasse dit :

    j’ai vu ce matin le reportage à la télévision, j’ai été émue, mais surtout en admiration devant ce travail.
    Je suis allée à Lomé à 17 ans, j’aurais voulu y rester pour aider les gens de ce pays
    mais je n’ai pas pu, je l’ai toujours regretté.
    Alors aujourd’hui je me dis que je peux peut être servir encore à quelque chose
    mais je ne sais comment.
    Alors Soeur Marie Stella si vous avez besoin d’une aide particulière dites moi.
    Et félicitations pour votre travail

  3. marie stella dit :

    Bravo sophie pour la lettre car j’ai perdu toutes mes adresses email par les piratages
    Beaucoup d’amis doivent s’étonnés de mon silence Merci à tous et bises à toi Sophie et à toute la rédaction pelerin

  4. Odile Chauvel dit :

    Bonjour Sœur Stella, pas un jour sans penser à vous toutes ! Même après 15 ans !!!! J’espère un jour pouvoir vous lire, car tous mes messages sont restés sans réponse ?
    Je vous salue toutes « Les Marie »
    Odile « petit diable »

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