Yendouboame visite les belles réalisations de Vivre dans l’Espérance

Les enfants de Sainte-Monique dans leurs habits du dimanche. (Photo D. R.)

Les enfants de Sainte-Monique dans leurs habits du dimanche. (Photo D. R.)

Du 2 au 16 février 2018, Paulette, Louisette et Christian, Renée et Jean-Pierre, d’Alain et Marie-Thérèse, membres de l’association française Yendouboame, se sont rendus à Dapaong (Togo) pour découvrir, entre autres, les activités de l’association Vivre dans l’Espérance. Beaucoup de bonnes surprises les attendent…

Vendredi 2 février 2018, nous embarquons à Nantes, avec chacun, nos 46 kg de bagages en soute, sans oublier nos sacs cabines bien remplis. Et pour cinq d’entre nous qui tentons l’aventure africaine pour la première fois, c’est un voyage plein de découvertes et de rencontres qui s’annonce.
A la descente de l’avion, nous sommes surpris par la chaleur. Le lendemain matin, tout le long du trajet entre Ouagadougou et Dapaong, nous pouvons découvrir de nos propres yeux, la réalité de l’Afrique, entre la circulation désordonnée des vélos, des motos, des voitures, des charrettes tirées par des ânes, des minibus très chargés (passagers et matériel) et des camions avec des chargements d’une hauteur impressionnante, ainsi que le paysage de la savane, la terre orangée, les habitations de brousse, les petits commerces au bord de la route…
Puis, voici Dapaong après sept heures de route. Nous sommes accueillis chaleureusement par Hortense à la maison Saint-Jean, un havre de paix, avec sa cour intérieure ombragée, ses chambres ventilées ou climatisées.

A la découverte de Dapaong
Le planning va être bien rempli avec très souvent des visites imprévues mais tellement enrichissantes. Vite chacun peut se repérer et aller à EPV (« Ensemble pour la Vie » nom des

La délégation de Yendouboame avec Soeur Geneviève à droite. (Photo D. R.)

La délégation de Yendouboame avec Soeur Geneviève à droite. (Photo D. R.)

bâtiments qui abritent le siège social de l’association Vivre dans l’Espérance), au marché, dans les maisons…
Nous débutons par la découverte des différentes structures de « Vivre dans l’Espérance » ; celles-ci nous étonnent par leur étendue, leur bonne organisation et par l’accueil chaleureux qui nous est, à chaque fois, réservé. Nous sommes émus surtout en arrivant dans les deux maisons qui accueillent les enfants vulnérables touchés par le sida. L’Assemblée générale de VIE constituera également un moment fort du séjour.
Dès le dimanche, nous échangeons avec Emmanuel et Elise, nos amis enseignants. Le mardi, nous visitons l’école Nambonga en présence des parents d’élèves, des enseignants et de leurs élèves qui ont préparé une petite fête pour remercier l’association Yendouboame qui soutient aussi ce projet. Nous avons vu les dernières réalisations : un bâtiment de trois classes, des tables-bancs pour les primaires, des tablettes et des petits bancs.

A la pédiatrie Yendube, Sœur Geneviève nous accueille, très heureuse de discuter avec nous, demandant des nouvelles d’Hélène Durand, notre présidente. Entre elles deux s’est nouée une amitié de plus de 30 ans, amitié qui est à l’origine des liens qui se sont créés entre nos amis de Dapaong et les membres de l’association Yendouboame. Elle nous parle du nouveau service de néonatalité que certains ont visité.

Rires et sourires dans les maisons d’enfants

Préparation du repas. (Photo D.R.)

Préparation du repas. (Photo D.R.)

Après un peu de repos, nous sommes impatients de rendre visite à Maman Rita et à tous les enfants de la maison Sainte-Monique dont elle a la responsabilité. Des dizaines de sourires nous accueillent. Quelle joie de retrouver et de rencontrer tous les enfants ! Des petites mains s’accrochent aux nôtres, nous guident. Quelle émotion ! Et nous, nous n’avons pas assez de genoux et de mains pour pouvoir tous les prendre. Mama Rita leur dit :« Surtout, profitez bien de vos amis et parrains de France ».
La maison Sainte Monique accueille 101 enfants dont 40 petits. Mama Rita  est très occupée et porte bien son nom de « Maman de tous les enfants ». Heureusement, elle est entourée de « petites mamans », des adolescentes qui prennent en charge les petits et aident au fonctionnement de la maison avec beaucoup de courage et de soins.
Chaque enfant a une tâche à accomplir : lessive, approvisionnement, cuisine, service des repas, lavage de la vaisselle, balayage, devoirs… Une organisation que nous admirons.  Une vraie fourmilière. Tout le monde est responsabilisé ; un grand a en charge un plus jeune.
L’approvisionnement en nourriture des maisons et de la cantine est un souci permanent pour Hortense, la responsable. Les grands préparent le feu de bois et cuisent la pâte dans un grand chaudron. Le grand nombre de petits augmente les tâches : toilettes, lessive (les petits sont changés plusieurs fois par jour à cause de la poussière),…
L’autre difficulté des maisons est l’assainissement. En effet, les vidanges des puisards sont coûteuses. Le projet de l’association VIE serait d’être autonome en créant une activité génératrice de revenus dans ce domaine.
Nous visitons toute la maison, les chambres, les salles d’étude, la cuisine, les douches, la

Le dortoir des touts-petits. (Photo D. R.)

Le dortoir des touts-petits. (Photo D. R.)

chapelle… Le soir, nous revenons pour un rendez-vous très attendu par tous ; Renée et Jean-Pierre retrouvent trois frères et sœurs, nouveaux arrivés depuis fin décembre, et les aident. Louisette et Marie-Thérèse ont dormi deux nuits à la maison Sainte-Monique, dans les deux salons de l’étage, avec les plus petits ainsi que Nadège la petite Maman qui s’occupe de Rebecca. Sur le sol, une vingtaine de petits sont allongés sur les nattes. A 4h30 du matin, les petites Mamans viennent réveiller les petits et elles les emmènent près des douches pour aller sur le pot, puis c’est la toilette complète et l’habillage (tenue du jardin d’enfants pour ceux qui vont à l’école).

Pendant ce temps-là, les grandes balaient le bâtiment et la cour, puis prennent leur douche et s’habillent pour aller à l’école. Après un temps d’étude, elles partent au collège ou au lycée à 6h15.
Les petits, pour qu’ils ne salissent pas, vont dans le salon de Mama Rita et regardent des dessins animés après la distribution des médicaments pour ceux qui sont malades. Chaque petit prend sa bouillie puis mange un gâteau avant de partir à l’école pour ceux qui sont scolarisés.

Maman Rita entourée de quelques uns des plus jeunes enfants de Vivre dans l'Espérance. (Photo D. R.)

Maman Rita entourée de quelques uns des plus jeunes enfants de Vivre dans l’Espérance. (Photo D. R.)

Le mercredi, Maman Rita fait choisir à chaque enfant un vêtement neuf et organise un défilé de mode. Les enfants sont très fiers avec leur belle tenue qu’ils garderont pour le dimanche. Des enfants de l’association qui sont, eux, accueillis dans les familles, viennent nous rendre visite à la maison Saint-Jean. Quelle joie pour Paulette de rencontrer sa filleule, une jeune étudiante à l’université de Lomé ! Au total 1359 enfants vulnérables sont suivis par l’association VIE, dont 950 scolarisés ; 1200 vivent dans la famille élargie ou une famille d’accueil, les autres dans les maisons d’enfants.

Des vélos en cadeau !
Quelle fête le jour où les vélos sont arrivés ! Sandrine Lamy a apporté le don des collégiens de Craon, suite à une opération « bol de riz » et le choix a été fait d’acheter des vélos pour les jeunes qui ont de longs déplacements. Lors de la remise des vélos à Sainte-Monique, tous ont des yeux de petits enfants devant un sapin de Noël. Du matériel a été acheté pour

L'arrivée des vélos. (Photo D. R.)

L’arrivée des vélos. (Photo D. R.)

remettre en état les vélos ; Christian et Alain font l’inventaire des vélos et commencent quelques réparations ; avec Jean-Pierre, ils remettent en état également les bancs.
Nous sommes aussi très attendus à la maison Saint Augustin qui accueille 46 garçons aidés par deux petites mamans, Marie et Hélène. Marie prend en charge le petit dernier, Eloi, 2 mois, qui est très dorloté par tous ses grands frères.
Denis, élève en terminale, nous présente la maison et nous la fait visiter. Chaque garçon a son référent et les tâches sont réparties. Des nouvelles armoires ont été installées dans les chambres.

Les garçons en mode footballeurs. (Photo D. R.)

Les garçons en mode footballeurs. (Photo D. R.)

Lorsqu’il fait trop chaud, les garçons dorment sur la terrasse ou viennent parfois y faire leurs devoirs. Hubert assure le suivi scolaire des enfants et les aide dans leurs devoirs. Le dimanche après-midi, nous sommes invités au match de football que les garçons ont organisé sur le terrain du collège.

 

 

La chorale en répétition
Le dimanche matin, nous assistons à la répétition des jeunes qui viendront en France en

Les jeunes artistes. (Photo D. R.)

Les jeunes artistes. (Photo D. R.)

septembre. Ils nous présentent des danses traditionnelles et chantent, guidés par Mélanie, accompagnés par Marine à la guitare et Joseph au djembé. Jean est le responsable et Marie-Louise accompagnera le groupe. C’est un beau projet qui permettra d’échanger avec les amis français et qui apportera des ressources pour financer les frais de scolarité, les formations professionnelles ou universitaires. Une campagne de crowfunding vient d’être lancée en France pour aider ce projet à devenir réalité.

Succès pour le projet de pisciculture
La ferme, située à Tantigou barrage à environ 7 km de Dapaong, permet d’assurer la nourriture des maisons et éventuellement de vendre les excédents. Depuis avril 2017, l’élevage des tilapias, poissons au goût très apprécié, dans les bassins de la pisciculture, est

Du poisson au menu. (Photo D. R.)

Du poisson au menu. (Photo D. R.)

une réussite. Sylvestre, le technicien, obtient déjà de bons résultats. Les bassins sont vidangés et l’eau, riche en limons, est conduite dans les canaux d’irrigation pour le maraîchage où sont cultivés oignons, carottes, haricots verts, choux, laitues. Dans le deuxième terrain d’environ 5 ha, sont cultivés, à la saison des pluies, des céréales et du soja. Sont aussi élevés des porcs, des chèvres, des moutons, quatre bœufs pour le labour, des volailles pour les œufs et la chair.

Fonctionnement dynamique au Centre de santé Maguy
Le centre de santé Maguy, tout neuf, est vraiment magnifique, très bien organisé et avec une équipe dynamique, ce qui est très encourageant pour la prise en charge des malades. Il a pour objectif d’être un établissement de référence dans la région des savanes par la qualité des soins et l’accueil de tous les patients, dont les personnes vivants avec VIH.

Au laboratoire du Centre Maguy (Photo D.R.)

Au laboratoire du Centre Maguy (Photo D.R.)

L’unité médicale a été mise en service début mai 2017. Un médecin, trois assistants médicaux et les infirmières assurent les consultations. La capacité d’accueil est de 35 lits d’hospitalisation. Il dispose un service échographie, d’un laboratoire, d’une pharmacie et d’un dispensaire pour le suivi des malades du VIH.
La construction de la salle du réseau et la pose de panneaux solaires, projet soutenu par l’association Yendouboame en 2017, a pour objectif de diminuer le coût de l’énergie, de servir de relai en cas de coupure de courant et de rendre l’unité médicale opérationnelle. Nous avons rencontré M. Goutante, technicien spécialisé dans l’installation de panneaux solaires, qui a suivi le chantier.
A l’intérieur de l’enceinte du centre de santé, on trouve l’apatam (abri léger en bois) pour accueillir les groupes de parole des porteurs  du VIH, la chapelle, le bâtiment garde-malade, la buanderie.
La cantine accueille plus de 65 enfants malades qui y  prennent leur repas le midi. Un repas équilibré est préparé. Les enfants sont scolarisés à l’école la plus proche du centre pour diminuer la fatigue du déplacement. Après le repas, ils se reposent sur les nattes dans l’espace qui doit servir à la cuisine. Le projet d’une salle de repos est en cours.

Rencontre avec le jeune Yendouboame

Yendouboame. (Photo D.R.)

Yendouboame avec Sr Angèle. (Photo D.R.)

Le jeudi, nous sommes très attendus par le jeune aveugle qui a donné son nom à notre association : Yendouboame est très heureux de nous rencontrer au Service de Formation et Réhabilitation des aveugles et autres Handicapés (SEFRA) où  il suit le CP2 pour y apprendre le braille. Les enseignants nous présentent les méthodes d’enseignement et le fonctionnement du SEFRAH. Ils ont bien du mérite d’encadrer ces enfants pour leur donner le plus d’autonomie possible avec les moyens limités dont ils disposent. Les enfants sont pensionnaires et ils apprennent aussi les gestes de la vie quotidienne. Avant notre départ, ils se rassemblent sous l’apatam pour nous offrir un chant. Puis  Yendouboame monte avec nous dans le bus et nous allons à la pédiatrie où Sœur Angèle nous attend ainsi que le papa de Yendouboame.

Une véritable entreprise associative
Le samedi 10 février, nous assistons à l’Assemblée Générale de l’association « Vivre dans l’Espérance ». Nous pouvons nous rendre compte de l’importance de l’association qui gère différentes structures avec pour mission l’accompagnement et la prise en charge des personnes vivant avec le VIH. C’est une véritable entreprise associative qui emploie du personnel, cherche sans cesse des financements pour assurer la continuité des actions mises en place, crée des Activités génératrices de revenus (AGR) pour permettre un autofinancement.  La tournée des jeunes chanteurs et danseurs en France, en septembre constitue l’une de ces AGR. La grande difficulté est d’obtenir une continuité des aides, de relancer les demandes de soutien. Les enfants sont nombreux dans les maisons ; à la gestion du quotidien s’ajoutent  les frais de scolarité (financement difficile en 2017) et surtout les formations professionnelles et universitaires afin que chacun devienne autonome. Les jeunes ont à cœur de devenir eux-mêmes des acteurs de l’association et ils ont des projets ; il faut les soutenir car ils sont l’avenir.

Emmanuel, notre ami enseignant, nous conduit à l’école Nambonga de Kantindi. Les parents d’élèves, le chef de village, le directeur de l’école nous accueillent. Ils ont sorti les tables bancs d’une classe pour nous les montrer (dernière réalisation de l’association Yendouboame). Puis, nous allons dans chaque classe saluer les élèves. Le CP2 est installé sous un apatam et le jardin d’enfants dans une classe. Il reste une classe à construire. Il arrive qu’un serpent grimpe sur le toit de l’apatam et parfois tombe dans la classe ; les élèves qui ont peur se protègent et d’autres chassent le serpent… Cette classe n’est pas utilisable à la saison des pluies.
Avant de partir, dans la cour, les femmes du village chantent et dansent, puis tous les

A l'école (Photo D. R.)

A l’école Komboloaga (Photo D. R.)

enfants sortent et nous entraînent dans une ronde  autour du drapeau. Le lendemain de notre visite, Emmanuel nous apporte un cadeau des villageois, un cadeau qui nous touche : deux pintades, le cadeau d’excellence. Les enseignants remercient l’association qui a permis d’avoir des conditions favorables aux apprentissages permettant aux enfants de ce village d’aller à l’école, un droit primordial pour tout enfant.
Le dernier jour, jeudi matin, nous assistons au lever de drapeau de l’école Komboloaga, proche de la maison Saint Jean, école où Emmanuel est directeur d’un groupe. L’an dernier, il avait 70 élèves dans sa classe ; cette année, suite à l’ouverture d’une nouvelle classe, il a 44 élèves en CM2. Il nous montre un bâtiment qui a un toit endommagé. Nous ne pouvons qu’admirer l’investissement des enseignants qui veulent la réussite de leurs élèves avec des effectifs importants par classe et peu de moyens ainsi que l’engagement d’Emmanuel qui nous aide dans nos soutiens aux écoles.

Soeur Marie Stella, un roc de fraternité
Tout au long de notre séjour, nous croisons Sœur Marie Stella partout et à n’importe

Soeur Marie Stella en grande conversation avec les membres de Yendouboame. (Photo D. R.)

Soeur Marie Stella en grande conversation avec les membres de Yendouboame. (Photo D. R.)

quelle heure avec son sourire et son dynamisme habituel. Elle doit assurer, en tant que directrice de l’association, de multiples tâches, donner son avis, un accord, apporter un soutien à un malade… un dévouement que nous admirons. Elle est le pilier de l’association VIE. Par sa bonne humeur et sa joie de vivre, elle nous fait passer des messages de fraternité.
Le dernier soir, nous dînons à la Fraternité, un moment très chaleureux, un moment d’échanges avec les résidents de la maison. Cette maison communautaire est ouverte aux personnes en détresse et à la formation des jeunes, un lieu qui permet de redonner Espérance et dignité.

On revient différent
Nous avons tous eu l’impression que le séjour s’est très vite passé ; certains seraient bien

La fine équipe. (Photo D.R.)

La fine équipe. (Photo D.R.)

restés une semaine de plus, nous avions pris nos habitudes, connaissant bien les lieux et chacun ayant ses activités. Un tel voyage c’est une aventure extraordinaire, ce sont des rencontres de personnes formidables qui nous touchent profondément… On revient différent et avec l’envie de les revoir.
Le moindre  petit « coup de pouce » que chacun de nous peut donner  se transforme là-bas en une formidable Espérance pour la Vie des Enfants.

Paulette, Louisette, Christian, Renée, Jean-Pierre, Alain, Marie-Thérèse

 

 

 

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Une réponse à Yendouboame visite les belles réalisations de Vivre dans l’Espérance

  1. bajla dit :

    Merci beaucoup !

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